LA TRIBUNE DIMANCHE – Emmanuel Macron a parlé au sujet de Gaza de « spectacle qui nous fait honte ». Et vous ? Que vous inspire la politique de Benyamin Netanyahou ?
Un spectacle ? Le mot dit tout. Un spectacle, on le regarde. On ne s’y engage pas. Sans le vouloir, Emmanuel Macron a décrit la place de la France dans ce conflit : celle du spectateur. Une guerre n’est pas un spectacle. C’est terrible, et cela fait des victimes des deux côtés.
Sur Netanyahou, je regrette la décision de fermer Gaza à la presse. Un pays qui a la vérité pour lui n’a rien à craindre des caméras. En tenant les journalistes à la porte, Israël a laissé le récit au Hamas, et l’a payé dans toutes les opinions du monde. Pour le reste, il appartient à une commission d’enquête, que j’appelle de mes vœux, d’assurer toute la transparence en toute sérénité sur les responsabilités engagées.
Le 7-Octobre a profondément transformé le Moyen-Orient, mais pas comme on le perçoit en France, écrivez-vous. Sur quoi se trompe-t-on ?
Le Hamas voulait notamment briser la normalisation entre Israël et le monde arabe. Il a échoué : aucun signataire des accords d’Abraham n’a rompu ses relations avec Israël, et la coopération sécuritaire s’est même renforcée. Ces accords ne sont plus seulement diplomatiques. Ils esquissent désormais une architecture régionale face à l’Iran.
C’est cela, la dynamique westphalienne : au Liban, en Syrie et à Gaza, les États tentent de reprendre le contrôle de territoires utilisés par des groupes armés. La souveraineté implique une responsabilité envers ses voisins. Ce n’est pas encore la paix, mais le retour progressif à des règles entre les États. Cette évolution reste fragile, car l’Iran y est hostile, et l’équilibre dépend toujours des États-Unis.


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