Donald Trump fait pression sur l’Ukraine. Un cessez-le feu?

Par |2026-10-24T06:58:39+02:0024 Oct 2026|Catégories : Non classé|

L’Ukraine prise au piège du jeu diplomatique de Moscou et Washington

Vu de Kiev.

En adoptant un discours favorable au Kremlin et en accusant Volodymyr Zelensky d’être un obstacle aux négociations, Donald Trump accentue la pression sur Kiev. Les médias ukrainiens s’inquiètent de voir leur pays engagé dans une impasse diplomatique.

Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse consacrée à la situation en Ukraine, le 20 octobre 2026 à Oslo, en Norvège. PHOTO JONATHAN NACKSTRAND/AFP

Le 21 octobre, dans un entretien accordé à Fox News, le président Zelensky a annoncé qu’il était prêt à “geler le front dès maintenant”. Le même jour, “le Kremlin a répondu que des discussions pourraient avoir lieu en novembre”, rapporte le forum d’information Glavkom. Autrement dit, “Zelensky propose un cessez-le-feu”.

Pour le politologue Oleh Saakian, interrogé par le quotidien Gazeta.ua, cette déclaration prouve que “la pression sur l’Ukraine se poursuit. Le président américain, Donald Trump, veut que notre pays capitule, tout en cherchant à sauver les apparences. Le président Zelensky tente d’exploiter la situation et envenime les choses.”

Le “piège de la diplomatie”

Les propos de Zelensky laissent en effet certains observateurs perplexes. Comme Vadym Denyssenko, un auteur souvent critique des décisions du gouvernement ukrainien qui, sur son blog reprit par Glavkom, appelle Kiev à ne pas tomber dans le “piège de la diplomatie”. “Sommes-nous entrés dans l’étape définitive des négociations ? Trump fait tout pour que ce soit le cas. Poutine, lui, résistera jusqu’au bout. Et c’est là que réside le piège pour nous”, parce que face aux manœuvres de Moscou et de Washington “nous n’avons pas de stratégie”, déplore l’analyste. Ou plutôt, l’Ukraine fait le gros dos “en attendant le 3 novembre”. Denyssenko prévient :

“Que cela nous plaise ou non, Trump restera président après le 3 novembre, avec d’énormes pouvoirs.”

Par conséquent, ajoute-t-il, miser sur l’affaiblissement du locataire de la Maison-Blanche et sa destitution éventuelle, “on ne peut pas appeler ça une stratégie”.

Le risque d’une guerre civile ?

Prise entre le marteau russe et l’enclume américaine, l’Ukraine paraît désemparée. “Partout des voix s’élèvent, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour dire que personne n’a besoin de l’Ukraine dans le monde, surtout d’une Ukraine forte, à part nous”, écrit le militant Valériy Pekar pour Glavkom, qui tente à sa façon d’expliquer la situation de son pays :

“Nous souhaitons vivre, notre voisin souhaite nous voir morts, ce qui ne laisse pas tant de place que ça pour le compromis.”

Dans Gazeta.ua, le politologue Mykhaïlo Basarab dénonce même la perspective de négociations et d’un accord possible comme “une carotte pour des populistes qui vont détruire l’Ukraine”. Il pose la question : que se passera-t-il si le gouvernement ukrainien finit par céder sous la pression extérieure mais aussi intérieure ? “Chez nous, il s’en trouve quelques-uns qui brûlent vraiment de signer quelque chose.” Outre l’“arrêt de l’aide internationale”, le pays pourrait dès lors être confronté à la “possibilité bien réelle d’une guerre civile”.

Car “la signature d’un accord de paix dans la situation actuelle entraînera inévitablement un conflit sérieux entre les dirigeants militaires et politiques et une partie de l’armée ukrainienne plus motivée et capable”.

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