L’Ukraine et la Russie ont-ils trouvé un cadre pour discuter de la fin de la guerre?

Par |2026-10-22T10:40:24+02:0022 Oct 2026|Catégories : DEFENSE|

Après avoir rencontré mardi à Oslo les dirigeants européens et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, l’émissaire américain Steve Witkoff a été reçu mercredi à Saint-Pétersbourg par Vladimir Poutine et son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov pour évoquer la guerre en Ukraine.

Au terme d’une réunion de près de trois heures “détaillée et franche”, selon les mots de M. Ouchakov, le président russe a indiqué à l’émissaire de Donald Trump que Moscou “était prêt à reprendre les négociations trilatérales début novembre”, selon l’agence russe Tass.

“Notre président a dit à Steve Witkoff que nous étions globalement prêts à reprendre ces pourparlers autour du 10 novembre”, soit après les élections de mi-mandat américaines, a déclaré M. Ouchakov, précisant que les discussions auraient pour seul objectif “la mise en place d’un système de sécurité pour la Russie et l’Ukraine”.

“Gel” de la ligne de front.

Dans la foulée, Volodymyr Zelensky a déclaré à la presse que l’Ukraine “soutiendrait des pourparlers de paix tripartites avec les États-Unis et la Russie”, rapporte The Kyiv Independent.

Avec un objectif plus ambitieux que celui du Kremlin : “Nous soutiendrons les propositions concernant un cessez-le-feu, la fin de la guerre, la question du secteur énergétique – et d’autres secteurs également – ​​ainsi que les initiatives humanitaires, la libération des prisonniers et le retour des diplomates”, a déclaré le président ukrainien.

Dans la perspective de ces discussions, M. Zelensky avait proposé plus tôt dans la journée sur Fox News un “gel” de la ligne de front actuelle, “seule voie véritable”, selon lui, pour mettre fin au conflit : “Nous appelons cela un cessez-le-feu ou ‘arrêtez les tueries’, comme le dit le président Trump.” Mais Moscou reste farouchement opposé à toute trêve préalable aux pourparlers, assurant que Kiev en profiterait pour se réarmer.

“Pas de concessions”.

Du côté américain, “des sources proches des négociations” ont exprimé “un optimisme prudent quant aux efforts déployés par les deux parties pour parvenir à un accord avant l’hiver”, note The Washington Post. Un message relayé par la Maison-Blanche, où Donald Trump a assuré, une fois encore, que la fin de la guerre en Ukraine n’avait jamais été “aussi proche”.

“L’autre jour, je parlais avec Vladimir Poutine du règlement de sa guerre avec l’Ukraine, et d’ailleurs je pense qu’on s’en rapproche. Peut-être n’en avons-nous jamais été si proches”, a-t-il déclaré aux journalistes.

“Ce timide effort de paix va au moins dans la bonne direction”, et “pour une fois les États-Unis, l’Europe, l’Ukraine et la Russie ont trouvé un cadre pour discuter de la fin de la guerre”, reconnaît le Washington Post. Mais le journal se demande si le maître du Kremlin est vraiment “prêt à entamer des négociations de paix sérieuses”.

Car si “Poutine invite au dialogue, il ne fait pas de concessions”, souligne le quotidien de la capitale américaine. “Et il semble encourager les négociations tripartites en partie parce qu’il se réjouit du geste récent du président Donald Trump, qui a levé les sanctions contre la Russie, sanctions qui venaient d’être adoptées par le Congrès”.

Pourparlers “hypothétiques”.

“Rien n’indique que Poutine ait l’intention de faire des concessions”, renchérit El País. “La Russie prend une nouvelle fois pour prétexte une prétendue menace de Kiev pour exiger son désarmement” – exigence rejetée par l’Ukraine, qui se retrouverait alors “à la merci” de Moscou.

En outre, “ces hypothétiques pourparlers trilatéraux sont prévus une semaine après la tenue des élections de mi-mandat américaines” et, “d’ici là, Trump pourrait avoir perdu le contrôle du Congrès”, observe le quotidien madrilène.

La BBC n’est guère plus optimiste, notamment à la lumière des commentaires de Iouri Ouchakov après la rencontre avec Steve Witkoff, et la présentation par ce dernier des discussions d’Oslo et des “nouvelles approches des Européens et de Kiev”.

“En ce qui concerne la résolution de la crise ukrainienne, il n’y avait pas grand-chose d’utile”, a sèchement commenté le conseiller du Kremlin, qui n’a “visiblement pas été convaincu par ce qu’il a entendu”, relève la BBC.

Quant à Vladimir Poutine, “il ne semble ressentir aucune pression pour mettre fin à la guerre”, ajoute le diffuseur britannique. “Il sait que la défense aérienne ukrainienne est soumise à rude épreuve. Il sait que l’hiver approche et pourrait considérer le froid comme une occasion pour forcer l’Ukraine à capituler”.

Et surtout, il sait qu’“il y a un président à la Maison-Blanche qui veut clairement une relation plus étroite, plus avantageuse et plus profitable avec Moscou”.

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