L’appel de Dario Amodei a ouvert un nouveau front dans la rivalité entre la Chine et les États-Unis.

Par |2026-09-15T08:41:04+02:0015 Sep 2026|Catégories : HIGH-TECH|

Les marchés financiers ont mal réagi aux questionnements du week-end sur les risques de l’intelligence artificielle avec plusieurs valeurs, dont le géant Nvidia, en baisse. Pour The Independent, c’est ce qui a poussé Donald Trump à se lancer lundi “dans une diatribe tout en capitales” sur les réseaux sociaux. Le président américain avait déjà minimisé dimanche les inquiétudes soulevées par Dario Amodei, le cofondateur d’Anthropic. Lundi, il a assuré qu’un “PRÉSIDENT FORT ET INTELLIGENT (QI ÉLEVÉ)” suffisait pour servir de garde-fou. Il a ensuite dénoncé un “canular” et “un complot PERVERS contre l’IA et les centres de données” en ajoutant : “Conspirationnistes, traîtres et informateurs, ATTENTION !”

Le New York Times note qu’avec ces messages, “M. Trump s’est immiscé dans un débat croissant à l’échelle du pays sur comment gérer une technologie qui évolue rapidement”. Même si, croit savoir le journal, il ne connaissait “presque rien” de l’intelligence artificielle jusqu’à la campagne présidentielle de 2024. Il avait assisté à une démonstration de ChatGPT. L’ancien magnat de l’immobilier ne serait pas à la pointe de la technologie. Il n’aurait par exemple commencé à texter qu’en 2022, selon le Times.

Ses propos du jour sont perçus par Politico comme une tentative de “faire taire les voix grandissantes en faveur d’une régulation plus stricte”. Le vice-président J. D. Vance a soutenu son patron lundi. Il voit dans les appels à ralentir l’avancée de l’IA un “cheval de Troie”, trouvant “bizarre” que les leaders de la Tech eux-mêmes demandent à réguler le secteur.

Mais USA Today titre que “la panique gagne les Américains” et que “le Congrès est sous pression”. Le Sénat retournait justement en session lundi. “Les alarmes sonnent plus fort que jamais”, a signalé Chuck Schumer, le leader des démocrates à la chambre haute. Bernie Sanders et Steve Bannon, pourtant très loin l’un de l’autre sur l’échiquier politique, s’exprimeront tous les deux à un événement défendant une IA “pro-humaine” ce mardi, rapporte USA Today.

Le débat a dépassé les frontières des États-Unis. Mark Carney, le Premier ministre canadien, a suggéré à Bloomberg la création d’un “conseil de stabilité de la technologie”. Son homologue britannique Andy Burnham a estimé, via un porte-parole cité par le Telegraph, que c’était “une bonne chose de voir les entreprises développant les systèmes d’IA les plus avancés disposées à parler ouvertement des risques”. Volker Türk, haut commissaire aux droits de l’homme à l’ONU, a évoqué des “risques sans précédent” alors qu’une réunion sur le sujet devrait se tenir la semaine prochaine au siège des Nations unies. Le Guardian observe de son côté que Christine Lagarde, à la tête de la Banque centrale européenne, a déclaré lundi à Vienne que l’Europe devait construire plus de centres de données pour ne pas être lâchée dans la course à l’IA par les États-Unis et la Chine.

Une course à l’armement

La Chine, elle, ne veut pas entendre parler de ralentissement. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a prévenu que “l’alarmisme, la confrontation et une concurrence vicieuse ne feront que perturber le processus d’une gouvernance globale de l’IA et ne serviront les intérêts de personne”. La chaîne NBC trouve qu’il s’agit d’un “nouveau signe que la concurrence entre les deux pays pourrait éclipser les inquiétudes grandissantes sur la technologie”.

El País explique que l’appel de Dario Amodei “a ouvert un nouveau front dans la rivalité entre la Chine et les États-Unis” alors que “jusqu’à présent, le pouls technologique entre les deux puissances concernait surtout les puces électroniques, les centres de données et la capacité à construire des modèles plus puissants”. Désormais, la vitesse des progrès devient un enjeu.

“La question centrale est de savoir si les appels à ralentir le développement de l’IA sont principalement motivés par la sécurité, ou s’ils représentent également un outil pour maintenir un avantage stratégique”, analyse La Repubblica. Le quotidien italien compare la situation actuelle à une “course aux armements”. Mais ce qui la distingue d’une forme de guerre froide, c’est qu’avec Anthropic, OpenAI, Google, Microsoft, Nvidia, Alibaba, Huawei ou Tencent, “une partie de la capacité stratégique des deux pays réside dans des sociétés commerciales”.

En tout cas, pointe le Corriere della Sera, “pendant que la panique sur l’intelligence artificielle sévit en Occident, à Pékin, Xi Jinping impose l’enseignement de l’IA dans les écoles primaires”.

Partager :

Partager cet article, Choisissez votre plateforme !

Laisser un commentaire

Aller en haut