RADIO J. Chronique hightech de Daniel Rouach, Professeur Emérite et Président d’Honneur de la CCIIF. Tous les lundis à 7h05 en DIRECT.

Bonjour Ilana, Bonjour à tous.

Ma chronique high-tech ce matin, c’est une histoire qui commence avec sept amis israéliens, et qui finit sur la Tour Eiffel.

C’est la « GOODTECH Made in Israel ». Une communauté d’intérêts franco-israélienne discrète, mais bien réelle.

Vous avez tous vu la Tour Eiffel illuminée aux couleurs bleu-blanc-rouge. Ce que vous ne savez probablement pas, c’est que la sécurité de la Dame de Fer — la surveillance en temps réel de ses millions de visiteurs annuels — est assurée depuis des années par une entreprise israélienne.

Elle s’appelle NICE. Et non, ce n’est pas la ville sur la Côte d’Azur.

NICE, c’est un acronyme : Neptune Intelligence Computer Engineering. Nice a été fondée en 1986 à Raanana, en Israël — à une vingtaine de kilomètres au nord de Tel Aviv — par sept amis israéliens.

Au départ, ils travaillent pour le secteur de défense militaire. Des systèmes d’intelligence et d’analyse. Puis rapidement, ils pivotent vers le civil. Et là, ça décolle.

Aujourd’hui, NICE emploie 9 000 personnes, est présente dans plus de 150 pays, et gère… accrochez-vous… 25 milliards d’interactions humaines par an. Elle est cotée au NASDAQ sous le symbole NICE, et à la Bourse de Tel Aviv.

En 2025, son chiffre d’affaires a atteint $2,9 milliards. Plus de 80 entreprises du Fortune 100 — le club des cent plus grandes sociétés mondiales — sont clientes de NICE.

Alors, comment une startup israélienne se retrouve à protéger le monument le plus visité au monde ?

Tout commence au milieu des années 2000. NICE Systems remporte un contrat pour déployer ses solutions de vidéosurveillance intelligente sur le site de la Tour Eiffel.

Le principe : des caméras connectées à des logiciels d’analyse vidéo avancée, capables d’identifier en temps réel les comportements suspects, de retracer les déplacements de n’importe quel individu sur le site, et d’alerter le personnel de sécurité instantanément.

Le contrat sera renouvelé plusieurs fois. Il y a quelques années NICE annonce publiquement un nouvel ordre de mission.

Israël Livnat, alors président du groupe sécurité de NICE, déclare à l’époque : « Nous sommes honorés de contribuer à la protection du principal monument national de la France et de ses visiteurs. »

Après les attentats du 13 novembre 2015, le sujet revient sous les projecteurs. Les responsables français du RAID sont en contact direct avec Israël. Les autorités françaises découvrent que la technologie israélienne de surveillance est déjà au cœur de Paris depuis des années. 

En France, NICE ne se limite d’ailleurs pas à la Tour Eiffel. Via sa filiale NICE Actimize, elle est devenue le leader mondial des solutions anti-fraude et de conformité réglementaire pour les banques.

Les grandes institutions financières européennes, y compris françaises, l’utilisent pour détecter les transactions suspectes et se conformer aux réglementations. Sa plateforme CXone équipe aussi de nombreux centres de relation client en France — opérateurs télécom, assureurs, grandes enseignes du retail.

Et aujourd’hui, NICE se réinvente une nouvelle fois. L’entreprise a investi massivement dans l’intelligence artificielle.

En 2025, elle a acquis Cognigy, le leader européen de l’IA conversationnelle et agentique. Son chiffre d’affaires lié à l’IA a bondi de 66% en un an pour atteindre 328 millions de dollars.

L’IA est désormais intégrée dans chaque grand contrat signé par NICE dans le monde.

QUESTION. La Tour Eiffel est toujours protégée par des systèmes israéliens, mais « 100% israélien »?

Ce qui est israélien à la Tour Eiffel :

Depuis l’attentat de Nice 2016 + Plan Vigipirate renforcé, la SETE Société d’Exploitation de la Tour Eiffel a acheté du matériel anti-intrusion/anti-drone israélien :

Détection anti-drone : Rafael et Elbit ont équipé plusieurs sites sensibles parisiens dont la Tour Eiffel.  Systèmes de détection. Raison : menace drones kamikazes.

Vidéoprotection + analytics : Des logiciels d’analyse vidéo israéliens type BriefCam/Magistral sont utilisés pour repérer comportements suspects dans la foule. Testé JO 2024.

 Barrières périmétriques : Les barrières anti-bélier installées en 2017 étaient inspirées du modèle israélien « Hofit ». Pas fabriquées en Israël mais concept repris.

La France ne communique jamais « système israélien ». C’est géré par la préfecture de police.

Depuis 2015, Israël est devenu le sous-traitant sécurité n°1 des sites sensibles en France.

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