Les « crypto-enlèvements » explosent en France, avec 88 personnes mises en examen dans 12 affaires en cours, dont plus de 10 mineurs, selon le Parquet national anti-criminalité organisée.

Le mode opératoire est toujours le même : kidnapper une victime, parfois avec violence, et exiger une rançon en crypto.

En Bourgogne, l’enquête se poursuit après l’enlèvement lié à la cryptomonnaie d’une mère et de son fils. Ils ont été libérés par le GIGN dans un hôtel du Val-de-Marne. Quatre suspects ont été interpellés. Ce qui inquiète les forces de l’ordre, c’est l’explosion du phénomène et la violence des malfrats.


Séquestrés dans un hôtel du Val-de-Marne, une mère et son fils de 11 ans ont été libérés mardi 14 avril par les gendarmes du GIGN. Ils avaient été enlevés la veille en Bourgogne. Les malfaiteurs réclamaient une rançon de 400 000 euros en cryptomonnaie(Nouvelle fenêtre) au père de l’enfant.

Ces kidnappings sont de plus en plus fréquents et de plus en plus violents, comme près de Grenoble (Isère), où le père d’un entrepreneur en cryptomonnaie a été enlevé chez lui en janvier dernier, en pleine nuit, séquestré et violenté pendant 16 heures.

L’homme de 70 ans, encore blessé, raconte son calvaire : « J’étais réveillé par des coups et des mains qui me maintenaient plaqué sur le canapé. Le but, c’était de faire peur à mon fils pour qu’il débloque cette fameuse cryptomonnaie qu’il n’avait pas, bien entendu. Ils ont commencé à me taillader le petit doigt gauche. En fait, ils ont mis le couteau sur le doigt et ils ont donné deux coups de marteau sous le couteau pour pouvoir casser le bout du doigt. Ils n’ont pas réussi à le couper mais ils l’ont quand même cassé. »

Des profils « inexpérimentés ».

Un mode opératoire et une organisation bien rodés. Les commanditaires, cachés derrière leur ordinateur et souvent basés à l’étranger, recrutent des hommes de main sur les réseaux sociaux qui, pour quelques milliers d’euros, sont prêts à toutes les barbaries. « Nous avons affaire à des jeunes qui ont entre 16 et 20 ans, qui sont attirés par l’appât d’un gain extrêmement facile et rapide. Le profil inexpérimenté de ces jeunes permet à la police judiciaire de remonter encore plus facilement leur trace », indique Cyril Mancone, délégué Alliance Police Nationale – services centraux. Depuis le début de l’année en France, on compte déjà 41 enlèvements sur fond de cryptomonnaie.

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