Le Commandement de la cyberdéfense (Comcyber). Cette unité conduit la lutte informatique d’influence. Concrètement, cela revient à détecter, caractériser et contrer les attaques informationnelles dans le cyberespace, en appui des opérations militaires et toujours à l’extérieur du territoire national. Les cybercombattants veillent les plates-formes numériques pour détecter les manoeuvres informationnelles. « Un travail ardu face à la masse de contenus », note le général Aymeric Bonnemaison, commandant de la cyberdéfense. La caractérisation vient ensuite, car « une opinion personnelle qui nous est hostile n’est pas nécessairement une attaque informationnelle », poursuit-il. Pour qu’elle le soit, elle doit être inauthentique, coordonnée et doit utiliser des systèmes d’amplification, comme des fermes à trolls par exemple.

Le Comcyber peut, enfin, riposter contre des narratifs hostiles aux intérêts des armées françaises, dans le strict respect du droit et à l’extérieur du territoire national : c’est le rétablissement de la vérité. L’affaire du charnier de Gossi est un exemple marquant.

Alors que les militaires français viennent de restituer la base militaire aux forces maliennes, le 19 avril 2022, des images d’un charnier supposément présent sur la base sont diffusées les jours suivants sur Twitter.

Les armées françaises sont accusées de crime de guerre. Des drones de surveillance français ont pourtant filmé des hommes de Wagner en train de constituer ce faux charnier.

Aussitôt la fausse information diffusée sur le réseau social, les cybercombattants ont répliqué avec les images de surveillance pour dénoncer l’attaque.

En attendant le dernier moment pour divulguer leur vidéo, les soldats français ont déjoué la manœuvre de désinformation adverse.

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