Un membre d’un gang de narcotrafiquants a étété jugé vendredi en France, accusé d’avoir volontairement incendié deux entreprises liées à des capitaux israéliens, tandis que le parquet national antiterroriste enquête sur une possible implication de l’Iran dans ce dossier.
L’homme de 36 ans a reconnu appartenir au gang de la DZ mafia tout en assurant qu’il n’agissait pas pour la bande de narcotrafiquants marseillais quand il a mis le feu avec des complices, en janvier 2024, aux locaux de deux sociétés situées près de Toulouse et de Lyon.
Huit ans de prison ont été requis devant le tribunal de Toulouse à l’encontre du prévenu, qui a juré n’avoir été que l’exécutant d’un contrat.
A la barre, il a affirmé n’avoir jamais su que les deux entreprises avaient ou avaient eu des liens avec des capitaux israéliens.
L’une de ces sociétés, basée à Lespinasse, près de Toulouse, commercialise du matériel d’irrigation. Elle a appartenu à un fonds d’investissement israélien mais, au moment des faits, était la propriété d’un fonds singapourien, a détaillé la juge lors de l’audience.
L’autre, située à Oytier-Saint-Oblas, près de Lyon, est spécialisée dans la commercialisation de logiciels de fabrication par ordinateur. Son capital est détenu à 8% par une société israélienne.
« Est-ce que vous pensez que si j’avais su que c’était une société israélienne, j’y serais allé ? Moi, je n’ai rien contre les juifs, les musulmans, les chrétiens », a déclaré à l’audience le principal prévenu, déjà condamné à 21 reprises.
Il figure également dans une procédure séparée, pour laquelle il a été mis en examen, menée par le parquet national antiterroriste, après un signalement de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) concernant une cellule iranienne notamment chargée de viser des intérêts juifs ou israéliens en France et en Europe.
Cette seconde affaire, révélée par Mediapart et baptisée « Marco Polo » par la presse, illustre la résurgence en Europe d’un « terrorisme d’Etat iranien », selon une synthèse de la DGSI datant de mai 2024 et dont l’AFP a eu connaissance.
L’objectif serait de « frapper des cibles civiles », selon cette synthèse, qui note que l’Iran recruterait pour ce faire des « criminels de droit commun », notamment des narcotrafiquants, à l’image du prévenu dans le dossier toulousain.
Jeudi, il a indiqué au tribunal qu’une personne lui avait remis 15 000 euros ainsi qu’un post-it sur lequel figuraient deux adresses où déclencher un incendie.


