Israël-Liban.
Israël et le Liban sont quasiment parvenus à un accord délimitant officiellement leur frontière maritime. Le texte doit encore être ratifié par l’ONU. L’enjeu est de taille, car il permettrait l’approvisionnement de l’Union européenne en gaz extrait en Méditerranée orientale.
Après presque deux ans de négociations, Israël et le Liban, qui n’entretiennent officiellement aucune relation diplomatique, ont conclu, sous la houlette du médiateur américain Amos Hochstein, un accord fixant définitivement le tracé de leur frontière maritime.
Extrêmement complexe, l’arrangement prévoit un double mécanisme de versement de contreparties entre Beyrouth et Jérusalem, “tout en officialisant la ligne de démarcation imposée unilatéralement par Israël depuis quarante ans”, souligne Aluf Benn, rédacteur en chef du quotidien libéral et de centre gauche Ha’Aretz. Les deux pierres d’achoppement sont le gisement gazier de Karish (“requin”, qarsh en arabe), au sud, et celui de Qana, au nord, tous deux à cheval sur les tortueuses lignes d’armistice israélo-libanaises négociées en 1949, au terme de la première guerre israélo-arabe de 1948. Des détails de cet accord historique ont rapidement fuité dans la presse israélienne et l’opposition nationaliste de droite et d’extrême droite, emmenée par l’ancien Premier ministre Benyamin Nétanyahou (Likoud), a dénoncé une capitulation face au Hezbollah. Pour Aluf Benn, “Yaïr Lapid, Premier ministre intérimaire [de nouvelles élections législatives auront lieu le 1er novembre] a cédé aux pressions de l’administration Biden, pas du Hezbollah, et il a fait en sorte de faire passer cet accord comme le résultat de négociations entre technocrates, pas entre politiques”.
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