De Paris à Bangkok, des Israéliens rentrent voter pour « l’avenir » du pays

Pour voter aux élections législatives du 27 octobre en Israël, Liran Naaman a déboursé 800 euros pour un billet d’avion depuis Amsterdam, où il vit depuis onze ans, convaincu que l’enjeu du scrutin n’a jamais été aussi important.

« La manière dont notre gouvernement se comporte me porte préjudice personnellement, ainsi qu’au reste des Israéliens à l’étranger », dit à l’AFP ce chef de projet.

Dans un pays fortement polarisé, ces élections, les premières depuis les attaques du 7-Octobre, s’annoncent comme un référendum sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa coalition d’extrême droite.

Tous les sondages anticipent un scrutin très serré entre la coalition gouvernementale actuelle et le principal bloc de l’opposition emmené par Gadi Eisenkot (Yashar, centre). Les voix des électeurs expatriés compteront donc plus que jamais.

Israël fait partie des rares pays démocratiques qui ne permettent pas à leurs ressortissants expatriés de voter au consulat ou à l’ambassade, sauf exceptions, comme les diplomates ou les militaires en poste à l’étranger.

Plus de 50.000 Israéliens devraient rentrer au pays pour voter, selon Aid Coalition, une organisation non-partisane qui leur apporte une aide logistique dans le cadre d’une initiative baptisée « Fly and Vote » (« Prendre l’avion et voter »).

Sylvie Lidgi, Franco-Israélienne, n’a pas voté en Israël depuis 1973, jugeant déplacé de prendre part aux élections dans un pays où elle ne résidait plus.

« Mais cette année, c’est très différent », explique cette retraitée parisienne, qui fera donc l’aller-retour pour glisser un bulletin dans l’urne.

Selon elle, « deux visions du monde » s’opposent lors du scrutin: « Soit la Torah comme Constitution, soit une démocratie libérale ».

C’est une raison similaire qui poussera Tami Giniger à prendre l’avion depuis Bangkok où elle vit pour rentrer voter fin octobre.

« C’est un moment crucial pour Israël, pour les Juifs, pour définir ce qu’est l’identité israélienne, ce qu’est le judaïsme, et comment ces deux éléments s’articulent », dit cette consultante.

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