Pourquoi, alors que tous les signes étaient là, il n’a pas réveillé dès 4 heures du matin le PM? Quelques minutes après la fin de l’interview le Likoud a répondu à Avi Gil.
LE PLUS.
Onze minutes séparent les deux appels qu’Avi Gil dit avoir passés à Benjamin Netanyahu le matin du 7 octobre 2023 : le premier à 6 h 29, le second à 6 h 40. Cet intervalle est au cœur des accusations formulées par l’ancien secrétaire militaire du Premier ministre dans un entretien à Israel Hayom. Le général de division de réserve, qui a réveillé Netanyahu pour l’informer du déclenchement de la guerre, affirme qu’une sténographe lui a signalé une demande de modification de l’heure consignée dans les archives officielles. Il attribue cette demande à Tzachi Braverman, alors chef de cabinet du Premier ministre, et assure avoir immédiatement signalé les faits, qu’il considère comme une infraction pénale.
L’enjeu dépasse, à ses yeux, une simple correction d’horaire. Entre les deux conversations, Avi Gil explique avoir reçu de nouveaux renseignements, transmis à Netanyahu lors du second appel. Modifier la chronologie pourrait donc donner une image erronée des informations disponibles dès les premières minutes de l’attaque. Il évoque deux interprétations possibles : construire le récit d’un Premier ministre ayant donné toutes les instructions dès le début, ou laisser croire que certains responsables disposaient plus tôt de renseignements déterminants. Il ne prétend pas qu’une trahison a eu lieu, mais redoute qu’une chronologie altérée puisse nourrir ce récit. Ses soupçons remontent aux semaines suivant le massacre, lorsqu’il dit avoir constaté une collecte disproportionnée de documents par des proches de Netanyahu. Il avait alors sollicité la conseillère juridique du gouvernement pour faire préciser les règles d’utilisation des transcriptions.
Ancien secrétaire militaire de Naftali Bennett, Yaïr Lapid puis Benjamin Netanyahu, Avi Gil explique avoir attendu la création d’une commission d’enquête d’État pour présenter son témoignage et les éléments documentés pendant ses fonctions. L’absence d’une telle commission et les appels de familles endeuillées et d’anciens otages l’ont conduit à prendre la parole. Il demande que toute enquête obtienne les enregistrements complets des échanges, plutôt que de se limiter aux transcriptions, dont il dit ne pas pouvoir garantir l’intégrité. Il soulève également des questions sur une visite en Israël d’un avion des renseignements égyptiens, resté un peu plus d’une heure. Il précise toutefois n’avoir connaissance d’aucun avertissement égyptien préalable et ne fournit pas de preuve reliant cette visite à une alerte sur l’attaque.
Le Likoud rejette ses accusations et présente l’entretien comme une campagne politique destinée à faire tomber le gouvernement de droite. Le parti affirme que Netanyahu n’a reçu aucun avertissement préalable sur l’offensive du Hamas et que les responsables sécuritaires lui avaient régulièrement décrit l’organisation terroriste comme dissuadée et soucieuse de préserver les arrangements avec Israël. Il soutient également que des signes suspects détectés pendant la nuit précédant le massacre n’ont pas été transmis au Premier ministre ni aux responsables qui auraient pu préparer une réponse.
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