L’économiste franco-israélien Jacques Bendalac revient sur les multiples facettes du “bibisme”, l’idéologie désormais majoritaire en Israël, issue des 15 années de pouvoir de Benyamin Netanyahou.
Jacques Bendelac est l’auteur des “Années Netanyahou, le grand virage d’Israël” (L’Harmattan, 2022)
Benyamin Netanyahou est le seul homme politique israélien qui a laissé une idéologie à son nom: le bibisme. Comment peut-on la définir ?
La politique conduite par Benyamin Netanyahou pendant près de 30 ans, dont 15 ans au poste de Premier ministre, peut se définir comme mélange de populisme, de nationalisme et de pragmatisme. Le bibisme aussi c’est un mode de gouvernance très personnalisé, voué à la cause de Netanyahou. Il s’agit de satisfaire le plus de gens possible, d’attirer un électorat toujours plus grand, pour se maintenir au pouvoir à tout prix. Quitte à prendre des mesures en contradiction avec le nationalisme traditionnel de la droite et du Likoud.
Le bibisme repose sur cinq piliers principaux, qui ont permis à Benyamin Netanyahou d’asseoir son pouvoir tout en lui garantissant une longévité exceptionnelle. Tout d’abord, un allié indéfectible : les Etats- Unis ; l’agitation de menaces : l’Iran, les Palestiniens, le Covid… qui lui permettent de se présenter comme le sauveur du pays. Certes, la menace existentielle qui pèse sur Israël est réelle, mais son usage à des fins populistes ou électoralistes en est exagéré ; une manne économique : le gaz. Les découvertes de gaz dans la Méditerannée ont permis à Netanyahou de renforcer le rôle d’Israël comme acteur international sur le marché de l’énergie ; ses amis milliardaires qui lui ont fourni un soutien financier et politique, et sa famille : son épouse Sarah et leurs fils Yaïr et Avner. Le bibisme est aussi synonyme de promesses non tenues. Une stratégie assortie d’une absence d’initiative sur des questions majeures, comme le conflit israéol-palestinien, ou la cherté de la vie.
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