“Un cessez-le-feu surprise” entre Israël et le Hezbollah au Liban

Par |2026-06-20T10:22:36+02:0020 Juin 2026|Catégories : EDITORIAL|

Un article de Courrier International. « Les États-Unis arrachent un cessez-le-feu à Israël et au Hezbollah pour tenter de sauver l’accord avec l’Iran ».

Israël et le Hezbollah libanais ont accepté vendredi l’instauration d’un cessez-le-feu, après que des frappes massives israéliennes au Liban ont poussé l’Iran à se retirer des pourparlers de paix avec les États-Unis. Le Liban se retrouve plus que jamais “au cœur du bras de fer” entre Washington et Téhéran, observe la presse internationale.

Un cessez-le-feu surprise” entre Israël et le Hezbollah au Liban, négocié par les médiateurs américains et qataris, a été annoncé vendredi après-midi, rapporte L’Orient-Le Jour. Entré officiellement en vigueur à 16 heures locales (15 heures, heure française), “il a été accepté par les deux parties, sous réserve qu’aucune ne soit attaquée par l’autre”.

“Nous respecterons le cessez-le-feu si Israël le respecte”, a affirmé le député du Hezbollah Ibrahim Moussaoui, soulignant néanmoins que le mouvement islamiste libanais se réservait “le droit de riposter” en cas d’attaques israéliennes. “Si le Hezbollah ne nous attaque pas, alors nous ne sommes plus en situation de guerre”, a déclaré pour sa part un haut responsable israélien, selon des propos relayés par le quotidien libanais.

Les déclarations des belligérants constituent “un léger fléchissement de ton, qui intervient à l’heure où le Liban se trouve au cœur du bras de fer entre les États-Unis et l’Iran”, note L’Orient-Le Jour.

Le Liban, « clé » de l’accord entre Washington et Téhéran

“Le Liban constitue actuellement la clé des tensions entre les gouvernements de Donald Trump et de Benyamin Nétanyahou et de l’avenir de l’accord signé cette semaine entre Téhéran et Washington”, analyse El País. Car bien que l’arrêt des hostilités au Liban soit stipulé noir sur blanc dans l’accord, les combats n’ont jamais cessé dans le sud du pays,

Les bombardements menés vendredi par Tsahal – environ 150, selon l’armée – ont même été “parmi les plus intenses de ces dernières semaines, concentrés autour de la ville de Nabatiye, dans le sud du pays”, relève le quotidien espagnol.

Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont fait depuis la nuit de jeudi à vendredi au moins 47 morts et près d’une centaine de blessés. Tsahal a déploré pour sa part le décès de quatre soldats israéliens, dont un commandant de bataillon.

Cette “recrudescence des hostilités” a retardé les pourparlers “techniques” entre les États-Unis et l’Iran, qui devaient débuter vendredi en Suisse mais ont été reportés, affirme Al-Jazeera. “Téhéran aurait refusé d’envoyer sa délégation en raison de la poursuite des attaques israéliennes contre le Liban”, ajoute la chaîne qatarie.

L’accord « vacille » mais « tient le coup »

“Le retrait de l’Iran des pourparlers avec les États-Unis, bien que temporaire, a porté un coup à l’accord-cadre signé cette semaine par le président Trump”, analyse The New York Times. “Toutefois, si la trêve déjà fragile avec l’Iran vacille, elle tient apparemment le coup pour l’instant, rien n’indiquant que les pourparlers aient été reportés indéfiniment”, nuance-t-il.

“Le protocole d’accord prévoyait un cessez-le-feu au Liban ainsi qu’entre les États-Unis et l’Iran”, rappelle le diffuseur britannique. “Or, la réalité sur le terrain a démenti ces engagements, amenant Téhéran à accuser Trump de ne pas avoir su contenir Israël”.

En résumé, “les événements de la journée ont démontré à quel point l’accord entre les États-Unis et l’Iran conclu cette semaine demeure fragile, et à quel point le Liban y occupe une place centrale”, relève The New York Times.

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