Les quatorze points du protocole d’accord entre Washington et Téhéran ont été publiés par “Bloomberg” et “Al-Arabiya”. Même s’il est possible que des détails évoluent, ces fuites font apparaître des concessions économiques majeures qui suscitent déjà la polémique dans le camp de Donald Trump.
“L’accord d’étape passé avec les États-Unis offrirait à l’Iran un soulagement financier considérable”, souligne en titre Bloomberg. C’est ce qui ressort des quatorze points du protocole d’accord dont le média américain a publié une version le 16 juin, avant la cérémonie de signature prévue à Genève le 19 juin. Une version identique a été publiée par la chaîne saoudienne Al-Arabiya.
“L’Iran serait autorisé à reprendre ses exportations de pétrole immédiatement” grâce à des dérogations de Washington. “Les États-Unis doivent aussi mettre fin à leur blocus naval des ports iraniens, et les deux pays œuvreront pour que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz revienne à son niveau d’avant-guerre d’ici trente jours.”
Les États-Unis s’engagent à lever, après l’accord final, “toute sanction actuellement imposée à la République islamique d’Iran”, mais aucun calendrier n’a encore été prévu. Le texte stipule aussi que les avoirs iraniens gelés à l’étranger “seront libérés et rendus entièrement disponibles” – mais cela dépend “des progrès des négociations”.
En outre, “les États-Unis et leurs partenaires régionaux établiraient un plan de reconstruction et de développement économique de l’Iran avec au moins 300 milliards de dollars de financement”, résume Bloomberg.
Trump comme Obama ?
Certains élus républicains du Congrès et d’autres faucons accusent déjà la Maison-Blanche de “s’apprêter à accorder trop de récompenses financières à l’Iran sans obtenir assez en retour”, souligne Bloomberg. Donald Trump lui-même reprochait à l’accord sur le nucléaire conclu par son prédécesseur Barack Obama d’offrir trop de cadeaux financiers à Téhéran.
Du côté du gouvernement Trump, on répond que ces avantages financiers dépendront du comportement de Téhéran. Des sources d’Axios “nient catégoriquement” que l’Iran obtienne un accès immédiat à une partie de ses avoirs gelés, comme l’ont affirmé des médias iraniens proches du régime.
Un haut responsable confie toutefois que “l’Iran pourrait bénéficier de ‘gestes’ […] en échange de signaux réciproques de respect de l’accord”.
Le fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars constitue “l’une des dispositions les plus explosives”, ajoute le site. Selon des sources citées par Axios, l’initiative vient du Qatar, et des investissements privés de pays du Golfe et d’Asie seraient envisagés. Le vice-président des États-Unis, J. D. Vance, a assuré “que l’argent ne proviendrait pas des contribuables”.
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