Ce que retient The Wall Street Journal de “l’accord Trump sur l’Iran”, dévoilé mercredi 17 juin et signé?

Par |2026-06-18T20:57:56+02:0018 Juin 2026|Catégories : EDITORIAL|
Décryptage.

Guerre contre l’Iran : l’accord est “général et vague” et loin d’avoir la portée de celui de 2015

En contrepartie de la réouverture du détroit d’Ormuz et de la cessation des hostilités, les États-Unis accordent des concessions économiques, dont certaines immédiates, à Téhéran, tandis que la question du nucléaire iranien est reportée à une deuxième phase de discussions.

La fin de la guerre avec l’Iran, la réouverture du détroit d’Ormuz et “la limitation du programme nucléaire iranien” en échange “d’incitations financières” et d’allègements commerciaux pour Téhéran qui “entreront en vigueur immédiatement” : voici ce que retient The Wall Street Journal de “l’accord Trump sur l’Iran”, dévoilé mercredi 17 juin et signé par les présidents iranien et américain.

“Général, vague et conçu comme un arrangement transitoire visant à définir la voie à suivre pour parvenir à un accord plus complet”, ce mémorandum “est loin d’avoir la même portée” que le Plan d’action global commun (JCPOA) signé par l’administration Obama en 2015, dont le président Trump a retiré les États-Unis en 2018, lors de son premier mandat, prévient The New York Times.

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Le “cœur de l’accord” se trouve au paragraphe 4, souligne le Wall Street Journal, qui se livre à un commentaire détaillé des 14 points du texte : la réouverture du détroit “stratégique” d’Ormuz et la suspension des hostilités. La cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, évoquée au 1er paragraphe, comprend aussi le Liban, “une inclusion très controversée en Israël, qui y mène une guerre contre le Hezbollah”, relève le quotidien américain.

Mais la “principale obligation” de l’Iran, insiste le Wall Street Journal, est celle de lever son emprise sur Ormuz, réitérée au paragraphe 5. Il est également indiqué que les États-Unis lèveront leur blocus naval et que le trafic dans cette voie maritime cruciale doit être rétabli proportionnellement à celui d’avant-guerre dans un délai de trente jours.

Les “questions difficiles concernant le programme nucléaire iranien et les fonds destinés à la reconstruction” seront abordées lors d’une deuxième phase, les deux parties s’engageant, au paragraphe 3, à négocier et à conclure l’accord final dans un délai maximal de soixante jours.

“Importante concession américaine”

À la lecture du paragraphe 2 où les deux pays “s’engagent à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’autre et à s’abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’autre”, le Wall Street Journal remarque que l’objectif d’un changement de régime en Iran, affiché par le président Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou au début de la guerre, “s’est estompé face à la fermeté du gouvernement de Téhéran”.

Les paragraphes 6 et 7 donnent un “nouvel éclairage sur les avantages économiques que l’Iran pourrait espérer en cas de satisfaction des exigences américaines en matière nucléaire”. Il est notamment écrit que les États-Unis s’engagent à lever toutes les sanctions imposées à la République islamique. La “principale incitation” de l’accord “serait la levée des sanctions économiques paralysantes si l’Iran répond aux exigences américaines”, analyse le média.

Téhéran “réitère” pour sa part, au paragraphe 8, “son engagement de longue date à ne pas développer d’arme nucléaire”, observe le Wall Street Journal. Il est aussi question de diluer les matières enrichies stockées. Tandis que le paragraphe 9, où les deux pays conviennent de maintenir le statu quo dans l’attente d’un accord définitif, “fige la situation de crise nucléaire”.

Le journal voit “une importante concession américaine d’emblée” au paragraphe 10, qui permet à l’Iran “de vendre son pétrole comme bon lui semble et d’en récolter les fruits financiers”. Les États-Unis s’engagent par ailleurs, au paragraphe 11, à laisser l’Iran accéder à une partie de ses avoirs gelés, estimés à 100 milliards de dollars, en fonction des progrès des négociations. Enfin, l’accord final, selon le paragraphe 14, doit être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité des Nations unies.

“Ambitions irréalistes”

Entrés en guerre contre l’Iran “avec des objectifs maximalistes”“éliminer le programme nucléaire du pays, détruire son programme de missiles balistiques et mettre fin à son soutien aux groupes militaires régionaux, notamment le Hezbollah et le Hamas” – les États-Unis “en sortent avec la décision pragmatique de mettre fin au conflit, malgré le coût politique”, dissèque The Guardian dans une analyse.

Donald Trump n’a là que “la parole de l’Iran” s’engageant à ne pas construire de bombe et à poursuivre les discussions nucléaires, “aucune mention écrite” s’agissant du programme de missiles balistiques, et ce alors que le mouvement chiite Hezbollah s’est félicité d’une “victoire”, car le protocole d’accord instaure un cessez-le-feu au Liban.

“L’atout majeur de l’Iran s’est avéré être le détroit d’Ormuz, voie maritime que presque toutes les simulations de guerre anticipaient devoir être rapidement bloquée par l’Iran”, note le quotidien britannique. “Pour rouvrir le détroit, l’administration a été contrainte de renoncer à ses objectifs plus larges, sous peine de faire face à ce que Trump a qualifié de ‘dépression mondiale’.Au final, résume The Guardian, “l’accord de Trump avec l’Iran est le fruit d’ambitions irréalistes pour une guerre intenable.”

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