Jean-Michel Blanquer, ancien ministre français de l’Éducation nationale, est actuellement en Israël pour participer à une conférence intitulée « Transmettre pour reconstruire », organisée ce soir au campus francophone du Collège académique de Netanya.
Dans cet entretien, l’ancien ministre replace la transmission au cœur des grands défis contemporains. Pour lui, elle n’est pas seulement une mission scolaire : elle touche à « la condition humaine » et résonne tout particulièrement en Israël, pays confronté à l’urgence sécuritaire mais aussi à la nécessité de penser l’avenir.
Même dans un contexte de guerre et de violence, insiste-t-il, il faut continuer à préparer « un avenir de paix » pour les enfants.
L’ancien ministre élargit aussitôt le sujet à la révolution de l’intelligence artificielle, qu’il décrit comme une transformation majeure de l’éducation et de la société, « pour le meilleur et pour le pire ». À ses yeux, cette mutation oblige l’école à être à la hauteur : former les enfants au monde qui vient, sans les couper des fondamentaux.
Interrogé sur l’état de l’école française après le 7-Octobre, Jean-Michel Blanquer refuse le catastrophisme absolu. Il reconnaît une situation contrastée, avec des établissements où « ça va très bien » et d’autres où « ça va très mal », mais affirme que l’école française conserve une « ossature très forte ». Face à la désinformation, à la post-vérité, aux écrans et aux idéologies qui s’invitent dans les classes, il appelle à « reprendre la main » en réancrant les élèves dans le concret : lecture, culture générale, humanités, respect des autres, tout en leur donnant les outils numériques nécessaires.
Sur l’antisémitisme, il se veut lucide sans céder au renoncement. Il estime que l’immense majorité des Français y est opposée et conserve une vision positive d’Israël, même si les antisémites peuvent parfois « tenir le haut du pavé », de manière explicite ou implicite. Sa ligne est claire : être conscient du danger, se battre, mais « surtout pas abandonner la partie ».
Concernant la relation France-Israël, aujourd’hui tendue, Jean-Michel Blanquer déplore le manque de culture historique et les réactions trop rapides, souvent dictées par les clichés. Il appelle au contraire à construire, à maintenir le dialogue entre les sociétés et à chercher des convergences, notamment au Liban, où il estime qu’un gouvernement semble vouloir réellement en finir avec le Hezbollah. Pour lui, la France peut jouer un rôle, à condition que le dialogue avec Israël reste fondamental.
Enfin, Jean-Michel Blanquer critique vivement La France insoumise, qu’il accuse de participer à la « brutalisation du débat public » par l’invective, l’insulte et la menace. Face à cette dérive, il refuse de répondre par un autre extrême et défend le modèle républicain français, idéal de fraternité, de paix et de liberté, auquel les Juifs de France ont, rappelle-t-il, largement contribué.
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