Une édition 2026 sous tension.
Pour 2026, l’Eurovision fait désormais face au boycott le plus important de son histoire. Cinq diffuseurs –Espagne, Irlande, Pays-Bas, Islande et Slovénie– se sont retirés en protestation contre la participation d’Israël, alors que 35 pays restent en lice. Leurs motivations varient, mais plusieurs invoquent l’offensive israélienne à Gaza, qui a fait des dizaines de milliers de morts, et accusent le gouvernement israélien de crimes graves –que ce dernier rejette fermement. Ces chaînes publiques sont en général alignées sur des gouvernements qui ont adopté une ligne très critique vis-à-vis d’Israël et ont tenté, sans succès, de pousser l’Union européenne à revoir ses relations avec l’État hébreu. Elles assurent toutefois avoir pris une décision éditoriale autonome. Pour elles, la présence de la télévision publique israélienne Kan et les campagnes jugées agressives autour du vote rendent impossible un concours véritablement fondé sur la seule popularité des chansons.La géopolitique jamais bien loin.
L’UER rappelle que l’Eurovision est une compétition entre diffuseurs membres, et non entre gouvernements, construite sur le slogan «unis par la musique». Historiquement, pourtant, le concours n’a jamais été totalement à l’abri des tensions internationales. Des boycotts avaient déjà eu lieu, par exemple entre la Grèce et la Turquie dans les années 1970, ou avec le retrait du Liban en 2005 parce qu’il refusait de diffuser la prestation israélienne. Plus récemment, la disqualification de la Russie en 2022 après l’invasion de l’Ukraine a ravivé les débats sur la place de la politique dans le spectacle. La victoire de l’Ukraine en 2022, largement interprétée comme un vote de solidarité, a renforcé les critiques de certains diffuseurs, comme la RTV slovène, qui estiment qu’un pays en guerre ne devrait pas participer, quel que soit son statut de victime ou d’agresseur. En Espagne aussi, des responsables plaident pour une réforme des statuts de l’UER afin d’exclure du concours les pays impliqués dans un conflit armé. Pour l’instant, toutefois, les membres ont confirmé la règle traditionnelle: toute chaîne publique membre de l’UER peut participer, ce qui inclut Israël et l’Ukraine ».(1) Slate.
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