Le sentiment de culpabilité parmi les Israéliens qui ont quitté le pays (« yerida ») après le 7 octobre 2023 est profond, complexe et s’inscrit dans un contexte de crise identitaire et d’émigration accélérée. Ce départ, souvent motivé par la peur, la désillusion politique et le désir de protéger leur famille, est entaché par une pression sociale et une honte intériorisée face à ceux qui restent.
Un Contexte de « Yerida » (la Descente)
L’émigration est historiquement stigmatisée en Israël, parfois perçue comme de la lâcheté ou de la trahison, bien que ce sentiment évolue.
  • Accélération des départs : Près de 55 300 à 82 800 Israéliens auraient quitté le pays en 2023, et le mouvement s’est poursuivi en 2024, notamment parmi la population laïque et les familles, selon les données du Bureau central des statistiques israélien.
  • La « double peine » : De nombreux partants décrivent un dilemme : la nécessité de mettre leur famille à l’abri des sirènes et de la guerre (« sauver les enfants »), tout en se sentant coupables d’abandonner leur pays en pleine crise, explique un témoignage rapporté par Politis.
La Culpabilité du Survivant et l’Abandon
  • « Est-ce qu’on est vraiment en train de faire ça ? » : Beaucoup luttent avec la honte d’admettre qu’ils partent, qualifiant souvent leur départ de « relocalisation » temporaire, rapporte The Times of Israel.
  • Pression sociale : La détresse est accentuée par le jugement social. La « Yerida » est une « descente », l’inverse de la « Alyah » (montée/immigration), un stigmate qui persiste même en temps de guerre.
  • Conflit intérieur : Le sentiment d’abandonner des amis, de la famille, et l’armée, dans un pays en état de choc, crée une crise identitaire majeure.
Motivations vs Culpabilité
La culpabilité coexiste avec des motivations puissantes :
  • Sécurité des enfants : La priorité de protéger leur famille des traumatismes de la guerre est le facteur principal.
  • Désaccord politique : La lassitude face à la politique du gouvernement, à la réforme judiciaire et la peur d’un avenir incertain.
  • Insécurité intérieure : Le sentiment que l’État ne peut plus assurer la sécurité de ses citoyens, brisant le « contrat social ».
Bien que certains émigrés se sentent en colère contre le gouvernement, une grande partie porte le poids de quitter une société traumatisée, se sentant, comme l’explique un article de Blast-info.fr, dans une situation de « fuite ».
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