PARTIE 1. WITKOFF. L’émissaire de Donald Trump au Moyen-Orient, Steve Witkoff, est revenu sur les négociations menées entre Téhéran et Washington sur le programme nucléaire iranien, avant le début de l’opération « Epic Fury ».
PARTIE 2. ATOM FOR PEACE.
Quel était l’état réel du programme nucléaire iranien ?
Maïlys Mangin, maîtresse de conférence à l’université de Toulouse Capitole, chercheuse associée au CIENS (Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques) et autrice d’une thèse intitulée “Le rôle de l’AIEA dans les politiques internationales de lutte contre la prolifération en Irak et en Iran.” répond à la question.
Un programme affaibli mais potentiellement réversible
Avant les frappes américaines et israéliennes de cette année, « il n’y avait plus d’activité nucléaire en Iran » puisque ce dernier avait été « considérablement endommagé lors de la guerre des douze jours », explique Maïlys Mangin. Pour autant, tout n’a pas disparu. L’Iran conserve « des capacités scientifiques, techniques, industrielles et surtout des matières sensibles ». Autrement dit, même si aucune activité nucléaire n’était observée récemment, ces ressources « permettraient à l’Iran de reprendre un jour ses activités » poursuit la chercheuse.
Le programme nucléaire iranien remonte aux années 1960-1970, lorsqu’il est lancé sous forme civile avec l’aide de Washington dans le cadre du programme « Atom for Peace ». Cela illustre la dualité du nucléaire, puisqu’« à partir de capacités civiles, on peut produire du militaire » . Après la révolution islamique de 1979, le programme avec les États-Unis est suspendu et se « clandestinise » avec « davantage de coopération avec la Chine ».
La surveillance internationale est assurée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présentée comme « le gendarme nucléaire du monde », qui vise à vérifier que « les activités nucléaires civiles ne sont pas détournées à des fins militaires ». L’agence mène « des missions techniques de vérification et d’inspection » mais sur un « enjeu hautement politique avec des désaccords majeurs », notamment sur la question du niveau d’enrichissement que l’Iran peut atteindre.
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