Charlie hebdo: « Après avoir fait massacrer des centaines de milliers de Russes pour ses ambitions impériales, le régime de Poutine commence à manquer de troupes sur le front ukrainien. Pour garnir les rangs sans trop s’aliéner la population, le Kremlin s’est donc tourné vers une main-d’oeuvre de substitution jugée sacrifiable : les Africains.
Il y a visiblement une crise de vocation chez le soldat russe. À force de revenir du front éparpillé façon puzzle ou entre quatre planches, le moujik de base commence à se faire rare dans les centres de recrutement. Et comme le régime a déjà nourri la machine à tuer de tout ce qu’il a trouvé de prisonniers, d’alcooliques et de SDF, il ne reste plus beaucoup de fonds de tiroirs à gratter avant de devoir envoyer les gamins de l’élite moscovite courir sur les mines. Le DRH du Kremlin a donc dû se résoudre à la décision rationnelle de tout manageur moderne : l’externalisation de la ressource humaine. Moscou a ainsi ouvert une vaste chasse aux ressortissants africains, traqués aussi bien sur le territoire russe que directement sur leur continent d’origine.
« Au départ, ils recrutaient les Africains les plus vulnérables déjà présents en Russie : prisonniers, sans-papiers, etc. Ensuite, ils ont commencé à aller chercher les migrants « normaux » en leur promettant la nationalité s’ils s’engageaient », relate Thierry Vircoulon, analyste à l’Institut français des relations internationales (Ifri) et co-auteur du rapport « La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne ». Mais ici aussi, la réserve humaine s’est réduite au rythme des pertes abyssales en Ukraine, et il a fallu brasser plus large. Alors, l’appareil d’État russe s’est mis à aller chercher ses futurs morts pour la patrie directement en Afrique.
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