Le Japon et la Corée du Sud vont faire des efforts exceptionnels pour s’armer. Israël, pays leader dans la fabrications d’armes, est considéré comme un pays ami de ses deux puissances économiques qui ont besoin à l’avenir d’avoir une défense solide.
Les deux pays sollicitent Israël pour des armes qui ont fait leur preuves sur le terrain.
Les exportations d’armes d’Israël ont atteint 14,7 milliards de dollars en 2024, un niveau record selon le ministère de la Défense,
Sous la pression des menaces régionales et malgré un lourd passé conflictuel, les deux pays initient une coopération inédite. Entre augmentation record de leurs dépenses militaires et questionnements sur l’avenir du soutien américain, ils incarnent la quête d’indépendance d’une Asie du Nord-Est en pleine mutation.
Selon (1) : « Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les relations entre le Japon et la Corée du Sud sont marquées par un paradoxe saisissant. D’un côté, ces deux puissances asiatiques partagent des intérêts géopolitiques communs face aux menaces régionales et entretiennent des liens économiques indéniables. De l’autre, leur passé colonial continue de hanter leurs rapports diplomatiques, créant des tensions récurrentes qui semblent défier toute réconciliation durable.
Pourtant, l’évolution du contexte géopolitique international, marquée par l’imprévisibilité américaine et l’émergence de nouvelles menaces de leurs voisins communs, contraint désormais ces deux nations à transcender leurs antagonismes historiques pour bâtir une alliance stratégique pragmatique.
Un lourd passif colonial
Les racines de l’animosité entre le Japon et la Corée du Sud remontent à une page marquante de l’histoire asiatique. L’occupation japonaise de la péninsule de Corée, officiellement établie par le protectorat de 1910 et prolongée jusqu’en 1945, a laissé des séquelles profondes qui continuent d’empoisonner les relations bilatérales. Selon Barthélémy Courmont, maître de conférences à l’université catholique de Lille et expert des enjeux politiques et sécuritaires en Asie du Nord-Est, «le Japon et la Corée du Sud n’ont jamais engagé un devoir de mémoire depuis la fin de cette période coloniale». Durant ces trente-cinq années d’occupation, environ 780.000 Coréens ont été soumis au travail forcé, notamment sur l’île de Sado (ouest du Japon), où plus de 2.000 Coréens ont été contraints de travailler dans des conditions extrêmement difficiles pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette exploitation systématique de la main-d’œuvre coréenne s’accompagnait d’une politique d’assimilation forcée particulièrement brutale. Les Coréens étaient poussés à adopter des noms japonais, à parler uniquement le japonais dans les écoles et la vie publique et à participer aux rites shintoïstes (cérémonies religieuses japonaises). L’objectif était clair: effacer l’identité coréenne pour intégrer totalement la péninsule dans l’Empire japonais. Barthélémy Courmont rappelle que cette situation a créé «des agitations permanentes des deux côtés». Avec, d’un côté, une Corée du Sud qui considère «que le Japon a toujours été coupable et ne s’est jamais excusé de cette occupation» et de l’autre, «des fondations soutenues par des milieux conservateurs, voire nationalistes, qui nient tous les crimes de guerre». Cette opposition de récits irréconciliables perdure depuis quatre-vingts ans.«On peut difficilement parler de repentance en même temps qu’on parle de coopération, surtout si la repentance est utilisée à des fins politiques.»
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