L’introduction du droit à l’avortement dans la Constitution française, une première mondiale, a été commentée de l’Espagne aux États-Unis, en passant par l’Argentine.
L’avortement provoqué lorsque le fœtus est vivant (« avortement ») est pratiqué en Israël en vertu de la loi, et elle requière une autorisation du Comité d’Interruption de Grossesse.
La loi précise les situations dans lesquelles le Comité peut autoriser la réalisation d’une interruption de grossesse:
- L’âge de la femme est inférieur à l’âge de mariage (jusqu’à 18 ans).
- La femme n’est pas mariée ou la grossesse n’est pas dans le cadre du mariage.
- La femme a 40 ans ou plus.
- La grossesse est le résultat de relations interdites par la loi pénale, telles que viol ou inceste.
- Le bébé risque d’être malformé physiquement ou mentalement.
- La poursuite de la grossesse risque de mettre la vie de la femme en danger ou de lui causer des dommages physiques ou mentaux.
Une interruption de grossesse ne sera pas autorisée quand la demande n’est pas conforme à l’un des articles susmentionnés.
EN FRANCE. COURRIER INTERNATIONAL : « Le détail a retenu l’attention du Washington Post. Lundi 4 mars, des milliers de personnes ont suivi le vote du Congrès sur un écran géant installé près de la tour Eiffel. Quand l’amendement de la Constitution a été approuvé par 780 voix contre 72, le parvis des Droits de l’homme a viré à la fête de quartier, la foule dansant sur les paroles de Beyoncé “who run the world ? Girls” (“Qui domine le monde ? Les filles”) et le quotidien a noté la présence d’une femme seins nus, les mots “l’avortement est finalement dans la Constitution” écrits sur sa poitrine.
“Aux États-Unis et en France, les sondages montrent qu’une majorité soutient largement le droit à l’avortement”, observe le Post, ajoutant que “le sujet suscite plus de divisions ici qu’en France”. Peut-être parce que, remarque CBS News, la France est un “pays fièrement laïc”.
Il n’y a pas non plus, “contrairement aux États-Unis”, de tensions politiques sur la question, signale le New York Times, puisque “la plupart des Français estiment qu’il s’agit d’un service public de base et d’un droit de la femme”. Si une IVG est remboursée par la sécurité sociale, indique NPR, la radio publique américaine souligne qu’elle n’est possible qu’avant 14 semaines de grossesse, soit moins que les 15 semaines proposées dans un projet de loi fédérale qui avait fait scandale à Washington.
Mais comme le précise le Wall Street Journal, c’est bien l’abrogation de l’arrêt Roe vs Wade par la Cour suprême américaine en 2022 qui a poussé Emmanuel Macron à demander l’introduction du droit à l’avortement dans la Constitution.
Au-delà du contexte international, Politico Europe évoque un calcul politique de la part du président de la République. La révision de la Constitution “a placé les conservateurs et l’extrême droite dans une position difficile”. Puisque le droit est plébiscité par les Français, l’initiative a “exposé les divisions” au sein des partis les plus à droite, “les forçant à discuter d’un sujet sur lequel ils ont longtemps préféré garder le silence”.
Marine Le Pen a voté en faveur d’un amendement qu’elle jugeait inutile en raison de l’absence de remise en cause dans le paysage politique et dénoncé une démarche du chef de l’État “pour sa propre gloire”. Toutefois, constate Politico, 31 des 88 députés du Rassemblement national ont voté contre. M. Macron a donné “un mal de tête” aux conservateurs “tout en courtisant la gauche”.
En Espagne, El País décrit “une cérémonie solennelle et émouvante, dans le cadre auguste de l’hémicycle de l’aile sud du château de Versailles, symbole du pouvoir absolu de Louis XIV, le Roi-Soleil, et de la grandeur, la grandeur française”. Après tout, “la France, pays qui se veut un modèle de progrès civique et social, est devenue ce lundi le premier État à inscrire explicitement le droit à l’avortement dans sa Constitution”, poursuit le quotidien.
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