Cash et travail au noir vont de pair et la disparition progressive des espèces est une mauvaise nouvelle pour de nombreux professionnels. Ceci est le cas en France et surtout en Israël (un pays ou le cash est roi). L’article de Xerfi (ci-dessous) est tout a fait valable pour l’Etat Hébreu.

Quelques données de cadrage pour commencer sur les moyens de paiements. Face à une offre élargie de supports dématérialisés, la monnaie fiduciaire perd du terrain tout en restant l’instrument le plus utilisé pour régler ses achats. Elle devance la carte de paiement qui poursuit son ascension. Le retour d’une inflation forte a certes donné un nouvel allant aux paiements en liquide car ils permettent un suivi plus tangible des dépenses, mais c’est temporaire. La tendance de fond est à la poursuite du déclin des espèces comme l’atteste la chute du nombre de distributeurs de billets.

ARTICLE XERFI. EN FRANCE. Les facteurs influençant le choix des espèces

Selon une étude de la Banque de France, le type d’achat et le montant sont des facteurs essentiels dans le choix des espèces : la propension à régler ses achats en liquide est ainsi plus forte pour les achats du quotidien, elle est très importante quand les transactions s’effectuent entre particuliers, et plus le montant à régler est faible plus il s’effectue en monnaie ou billets. Cela donne dans une première approche des secteurs d’activité les plus en contact avec le liquide, donc les plus enclins à faire du black. Une donnée qu’il faut croiser avec les autres caractéristiques des activités les plus aptes à dissimuler une partie des heures travaillées ou des sommes reçues : il s’agit plutôt de secteurs situés en aval du système productif, très concurrentiels, où le tissu de TPE et micro entreprises est important, intensifs en travail, travail le plus souvent peu qualifié et où ménages sont les principaux clients.


Les secteurs les plus exposés à la fraude


Cette grille d’analyse permet de mettre en évidence 6 blocs d’activités où la fraude est particulièrement développée : le premier est constitué de l’ensemble des professions où l’employeur est un particulier. Sont principalement concernés les services à la personne ou à domicile. La Dares estime à 20% la proportion de ménages recourant à des services à la personne et ne déclarant pas cette activité. Une enquête menée par la Commission européenne permet de se forger une idée sur le palmarès des professions les moins vertueuses. À la question, « laquelle des activités suivantes avez-vous exercé sans l’avoir déclaré ? », le babysitting arrive en tête devant, le ménage et repassage à domicile, les travaux de jardinage, l’assistance aux personnes âgées ou dépendantes et le soutien scolaire.


Le deuxième bloc est constitué des services de transports au sens large à savoir, taxis, VTC, services de déménagement. Dans le secteur des VTC par exemple, 90% des micro-entrepreneurs utilisant une plateforme ont déclaré à l’Urssaf un chiffre d’affaires inférieur à celui enregistré par la plateforme ; 30% n’ont rien déclaré. Un autre ensemble regroupe les commerces et services de proximité (hôtellerie restauration, salons de coiffures, pressing, marché aux puces, etc.). Selon une estimation basée sur des contrôlés aléatoires, le taux d’établissements en fraude ou en irrégularité est nettement supérieur à la moyenne dans les cafés-restaurants, le commerce de détail alimentaire et la réparation automobile.


L’impact économique du travail au noir


Vient ensuite le BTP. Par nature ce secteur est exposé au travail non-déclaré. Il s’agit d’une activité intensive en travail, avec des sites souvent dispersés, de petite taille et temporaires, fonctionnant avec des chaines de sous-traitants et où une partie du marché est difficile à tracer. Une enquête du Credoc le place en tête des secteurs où le travail dissimulé prospère.


Reste deux grands groupes. Le secteur agricole. Il se caractérise par l’emploi de très courte durée d’une main d’œuvre saisonnière par des employeurs qui souvent n’ont pas de salariés permanents et pour lesquels les formalités d’embauche constituent des freins à la déclaration. C’est enfin le domaine des arts et du spectacle.


Le black est un sujet de première importance compte tenu de ses enjeux économiques, sociaux et fiscaux. Il impacte les finances publiques et c’est une concurrence déloyale. Mais la liste des métiers concernés montre aussi que pour certains, c’est juste une histoire de survie.

ALEXANDRE MILICOURTOIS.

XERFI COPYRIGHTS.

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