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NETIVOT l’Âme du Néguev occidental

par Mickaël LAUSTRIAT

Qui se souvient aujourd’hui des circonstances qui conduisirent à la création de Nétivot ? Au début des années 1950, le planificateur israélien Eliezer Brotzkos réalise qu’il faut créer une zone de peuplement tampon entre Beersheva et Ashkelon, pour séparer le nord-ouest du Néguev de Gaza, alors sous souveraineté égyptienne.

Mais comment convaincre les nouveaux immigrants de s’installer si loin du centre du pays ? Comment lutter contre l’attractivité des grandes villes, si promptes à attirer les nouveaux venus ? Les vétérans de Nétivot témoignent qu’avant leur départ du Maroc, les émissaires de l’Alya les avaient informés que lorsqu’ils arriveraient en Israël, ils devraient résider dans la « périphérie », leur indiquant clairement qu’ils refuseraient de l’aide à quiconque ne le ferait pas.

Nombre d’immigrants furent contraints de signer un contrat les obligeant à s’engager dans un travail manuel, quel que soit leur niveau d’instruction : tel était le contexte. Il fallait offrir un appoint de main-d’œuvre aux unités agricoles de la région. Ces hommes racontent comment, emmenés en pleine nuit dans des camions bâchés, alors qu’ils s’imaginaient arriver à Jérusalem, ils furent déposés à même la terre meuble, puis conduits dans un village de tentes, les ma’abarot, dressées à côté de fermes produisant des légumes.

La dure vie des pionniers

Pendant les premières années, leur vie quotidienne se déroula entre ces tentes, ces fermes, leurs poubelles et leurs toilettes. Ils vont connaître des problèmes d’hygiène, de drainage, de surpeuplement, de lutte antiparasitaire. Ce nouveau lieu de peuplement, défini par les planificateurs comme « centre rural », n’a même pas de nom. Il s’appelle « Azata », parce qu’il est proche de Gaza (Aza) : sa vocation est d’offrir des services à l’arrière-pays agricole. Ce n’est qu’en 1957 qu’on décida de l’appeler « Nétivot ». Le plan de la ville était réduit au minimum : elle devait se développer à proximité de la nationale 25, de part et d’autre d’une rue principale, sderot Yérouchalaïm.

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