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EDITORIAL. « Le pape Benoît XVI était un grand chef spirituel engagé dans la réconciliation entre l’Église catholique et le peuple juif », a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.

Élu pape en 2005, Joseph Ratzinger, assez controversé en Israël durant une courte période (la béatification de Pie XII a marqué les esprits), s’est parfois montré mal à l’aise dans son rôle, reconnaissant après sa démission : “la pratique du gouvernement n’est pas mon fort”.

Il a aussi suscité plusieurs fois la colère, en particulier dans le monde musulman avec son discours de Ratisbonne sur la raison et la foi, en 2006, ou parmi les juifs en signant le décret ouvrant la voie à la béatification de Pie XII, en 2009. Joseph Ratzinger a toujours souhaité lier des liens cordiaux avec les juifs américains et européens. Il n’a jamais été considéré comme hostile aux juifs. Bien au contraire. Dans notre compte instagram (israelvalley) une photo célèbre du Pape à Auschwitz est présentée.(DR)

PIE XII. Quand, en 1943, 1 260 Juifs italiens ont été rassemblés par les nazis à portée de voix de la Cité du Vatican à Rome, le pape Pie XII n’a pas levé le petit doigt pour protester.

Le pape était pourtant bien informé du sort probable des Juifs italiens qui avaient été regroupés dans la cour d’un collège militaire depuis deux jours. Selon l’historien et lauréat du prix Pulitzer, David Kertzer, Pie XII avait, depuis l’automne 1942, reçu des informations détaillées sur le génocide de la communauté juive européenne.

Si le pape n’avait pas protesté contre la déportation des Juifs italiens, ses demandes concernant les Juifs convertis au catholicisme avaient été entendues par les Allemands, installés à moins de 800 mètres des murs du Vatican. Lors de la « rafle » de Rome, le 16 octobre 1943, 250 « catholiques non aryens » avaient été extraits de la cour avant que les autres ne soient déportés vers les chambres à gaz d’Auschwitz-Birkenau.

LE PLUS. « En janvier 2009, Ratzinger lève l’excommunication des quatre prêtres ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988. Parmi eux, Richard Williamson, qui a nié quelque semaines plus tôt l’existence de la Shoah.

L’indignation est mondiale, y compris chez les catholiques. De nombreux responsables politiques protestent dans le monde entier, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, protestante et fille d’un pasteur luthérien. « Il faut qu’il soit clairement précisé, par le pape et le Vatican, qu’on ne peut nier l’Holocauste « , avait-t-elle déclaré, à  l’époque ».

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