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EDITORIAL. EXCLUSIF. Imaginez une crise de sécurité qui touche Israël de manière violente, et Netanyahou est au pouvoir. Il est certain qu’il joindra en urgence Avi Dichter, « l’homme des grands secrets, qui sait tout, et qui donnera des conseils à appliquer sans détour ».

Hier nous avons eu l’occasion de rencontrer dans le Sud d’Israël Avi Dichter, (1) ancien dirigeant du Shabak, qui devrait être nommé Ministre (Likoud). La rencontre informelle a eu lieu lors d’un Shiv’ah (période de deuil observée dans le judaïsme pendant une semaine de sept jours à dater du décès ou de l’enterrement d’une personne).

Avi Dichter montre une grande sérénité dans ces propos. Un grand calme. Je l’ai raccompagné à la sortie de la villa où nous étions, et lui ai demandé, lorsque nous nous sommes retrouvés seuls, ce qu’il pensait vraiment des tractations pour la formation du nouveau Gouvernement. Rien de confidentiel. Il est toujours sur ses gardes lorsqu’il s’exprime. Une habitude d’un homme qui a passé sa vie dans les services secrets.

Sa réponse a été d’une grand simplicité : « Il ne faut pas s’inquiéter car aucun Ministre n’aura vraiment la main sur une décision d’importance. Toutes les responsabilités seront partagées et personne ne pourra vraiment décider de manière unilatérale ».

Décryptage. C’est bien le Premier ministre qui prendra où pas, la décision finale. La responsabilité des ministres qui vont se retrouver avec des morceaux de ministères (le Ministère de la Défense sera découpé en 3 morceaux!) est en train d’être diluée de manière volontaire par Netanyahou.

Dans un éditorial du Haaretz de ce week-end on parle d’Avi Dichter et de son anniversaire (70 ans) qui a eu lieu cette semaine. L’éditorialiste décrit l’arrivée de Netanyahou à cette fête. Bibi était épuisé physiquement. Et cela a frappé tous les militants du Likoud.

Contrairement à ce que m’a dit Avi Dichter, les partis orthodoxes finiront bien par faire passer des décisions cruciales… lorsque Bibi sera au bord de l’épuisement physique et n’aura plus la force de réagir. C’est une technique bien connue mais qui fonctionne toujours. (Daniel Rouach).

LE PLUS. Avi Dichter a rejoint, en 2005, le parti Kadima dont il est la cinquième tête de liste en 2006, et il devient parlementaire à la Knesset à l’issue des élections législatives israéliennes de 2006, réélu en 2009 puis en 2015. Il est ministre de la Sécurité intérieure de 2006 à 2009 puis ministre chargé de la Défense passive de 2012 à 2013.

Né le 4 décembre 1952 à Ashkelon, il devient membre de Hachomer Hatzaïr. Au cours de son service militaire, il refuse l’offre de son chef d’unité, Ehud Barak, de suivre les classes d’officier (ce qui l’aurait éloigné des positions de combat). Il est décoré à l’issue d’une opération de sauvetage derrière les lignes ennemies.

À la fin du service militaire dans Tsahal, Dichter entre au Shin Beth (les services de sécurité intérieure d’Israël) en 1974 et il étudie la langue arabe. Il dirige le secteur sud du Shabak en 1992, à l’époque de l’élimination ciblée du faiseur de bombes et dirigeant du Hamas, Yahya Ayyash. En 1996, après l’assassinat du premier ministre Yitzhak Rabin, Dichter prend la tête de la section de sécurité secrète du Shabak. Il devient le numéro 2 du Shabak en 1999.

En 2000, Ehud Barak, son ancien officier devenu premier ministre, le nomme directeur du Shabak, alors que la seconde Intifada vient de commencer. Fidèle défenseur des éliminations ciblées contre les leaders de mouvements revendiquant les attentats terroristes en Israël, Dichter est également l’un des pères de la barrière de séparation israélienne en Cisjordanie.

Le 15 mai 2005, Dichter termine son mandat de cinq ans à la tête du Shabak et choisit de quitter les services secrets. Certains ont alors affirmé qu’il ne lui avait pas été proposé un second mandat aux mêmes fonctions, à cause de son opposition au plan de désengagement des territoires occupés du premier ministre Ariel Sharon.

Après trois mois sabbatiques aux États-Unis dans une institution politique pour le Moyen-Orient à Washington DC, Dichter revient en Israël et loue le retrait de la Bande de Gaza, réalisé par le gouvernement Sharon. Il rejoint alors la nouvelle formation Kadima et est élu à la Knesset aux élections législatives suivantes en 2006.

Il est ainsi nommé Ministre de la Sécurité Publique et son directeur de cabinet est Mati Gill qui l’accompagne notamment lors de ses déplacements internationaux.

En août 2012, il est nommé ministre chargé de la Défense passive. S’exprimant sur la Loi sur l’État-nation du peuple juif, une des lois fondamentales d’Israël adoptée en et dont il est l’un des principaux artisans, il s’adresse alors aux députés arabes et affirme « Vous n’étiez pas là avant nous et vous ne serez pas ici après nous »

 

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