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Grâce à l’accord, évalué à des « centaines de millions de dollars, voire plus », H2Pro pourra produire des électrolyseurs d’hydrogène développés au Technion à l’échelle du gigawatt. SHARM EL-SHEIKH, Égypte – La société israélienne H2Pro, spécialisée dans l’hydrogène, et le développeur marocain d’énergie renouvelable Gaia Energy ont signé un accord stratégique portant sur la fourniture d’hydrogène vert, mardi, lors de la conférence des Nations unies sur le climat COP27 en Égypte.

L’énergie hydrogène est récoltée en séparant et en réunissant les composants de l’eau par un processus d’électrolyse. L’hydrogène est dit vert lorsque l’énergie utilisée pour alimenter les électrolyseurs provient de sources renouvelables.

H2Pro est la branche commerciale d’une innovation qui a été développée par le Grand Technion Energy Program au Technion – Israel Institute of Technology à Haïfa, dans le nord d’Israël. L’entreprise sépare l’hydrogène de l’oxygène en plusieurs étapes, selon une technique qui utilise l’électricité de manière plus efficace.

Leader dans le domaine des énergies vertes

La société marocaine Gaia Energy est un leader dans le domaine des énergies renouvelables. Elle travaille avec des sociétés de services publics, des opérateurs de réseaux nationaux et des gouvernements pour aider à alimenter l’Afrique en énergies renouvelables. Elle dispose de six gigawatts de projets en cours de réalisation et elle prévoit la mise en place de sept autres projets, d’une capacité totale de 40 gigawatts, à travers le continent.

Moundir Zniber, fondateur et PDG de Gaia Energy, a déclaré au Times of Israel que le Maroc disposait de vastes étendues de territoire permettant une production énergétique à grande échelle, alimentée principalement par des éoliennes et des panneaux solaires photovoltaïques.

Un accord international

Ils pourraient être utilisés pour produire suffisamment d’hydrogène vert au prix le plus bas dans le monde, pouvant ainsi répondre à 20 % de la demande européenne, a-t-il déclaré.

Le nouvel accord ouvrirait la voie à l’intégration de la technologie développée par H2Pro et à un examen de faisabilité de la production des électrolyseurs de H2Pro au Maroc, a-t-il ajouté.

Talmon Marco, PDG de H2Pro, connu pour ses succès avec l’application de messagerie Viber et l’application de covoiturage Juno, a déclaré qu’il s’agissait de loin du plus gros accord commercial conclu par la société à ce jour.

La société a déjà conclu un partenariat de 200 mégawatts avec Doral Energy et possède une usine dans la zone industrielle de Tziporit, près de Nazareth, dans le nord d’Israël.

Interrogé sur la valeur de l’accord, Marco a répondu que « à l’échelle du gigawatt, il s’agit de centaines de millions de dollars, voire plus ».

Il a ajouté : « Cela prendra du temps. Nous devons encore parvenir à une certaine maturité avec la technologie, mais c’est définitivement un pas en avant. »

Les premiers projets pilotes seront entrepris en dehors du laboratoire à partir du milieu de 2023, a-t-il précisé, avec le premier qui sera mené au complexe de raffineries de pétrole de Bazan, dans la baie de Haïfa, au nord d’Israël, et le deuxième qui sera fait en concertation avec Doral Energy.

En 2024, l’entreprise produira des modules de démonstration de 10 mégawatts, suivis en 2025 par les premiers systèmes commerciaux d’une puissance de 25 mégawatts et plus.

Pour atteindre un gigawatt, il faudrait plusieurs systèmes de 50 ou 100 mégawatts, a-t-il précisé.

Le protocole d’accord avec Gaia Energy prévoit un gigawatt d’hydrogène dans le courant de la décennie, mais il est question de « déploiements beaucoup plus importants » à plus long terme. « Les délais dans ce domaine sont toujours de plusieurs années », a déclaré Marco.

L’accord a été dévoilé en présence de Tamar Zandberg, ministre israélien de l’Environnement, de Lior Ben Dor, directeur du ministère des Affaires étrangères pour l’Égypte et le Maghreb, et de Rachid Tahiri et Kelthoum Belhaj, hauts fonctionnaires du ministère marocain de la Transition énergétique et du Développement durable.

L’hydrogène vert est reconnu comme une alternative aux combustibles fossiles dans des secteurs tels que le camionnage et l’industrie lourde. Il peut également être converti en ammoniac liquide pour le stockage et le transport des énergies renouvelables.

Un seul kilogramme d’hydrogène fournit autant d’énergie que 7,4 litres d’essence.

 

Source : The time of Israël

Par SUE SURKES

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