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Antonio Gambardella, directeur de la Fondation genevoise pour l’innovation technologique (Fongit) a accordé une interview au journal suisse Le Temps pour présenter le principal organisme de soutien aux start-up du canton – fondé par l’entrepreneur Jean-Pierre Etter – qui vient de fêter ses trente ans.

Sa vocation est d’aider de nouvelles entreprises à se lancer, de contribuer à créer des emplois, de générer ainsi de la valeur économique et sociale. Le premier critère du succès, c’est qu’une entreprise arrive à s’autofinancer et à prendre en charge son propre développement.

Genève a longtemps été en retard en matière de soutien à l’innovation, mais le modèle de la Fongit n’est ni la Silicon Valley, ni Singapour et no Israël. Ces dernières années, la Suisse a développé un modèle original qui obéit à ses spécificités propres. Il repose largement sur la deep tech, c’est-à-dire des innovations de rupture riches en propriété intellectuelle, et une forte convergence des technologies. Notamment dans les sciences de la vie.

Sa spécialité, ce sont les produits de niche dirigés vers l’exportation. Et un talent pour les partenariats entre le public et le privé impossible à répliquer dans un pays comme l’Italie, par exemple. Les ingrédients de ce modèle se retrouvent un peu partout en Suisse, mais il faut dire que le canton de Vaud reste encore la référence pour le moment du fait de son engagement avec l’EPFL, de son caractère monolithique, sa force de frappe, son rayonnement international, sa capacité d’entraînement des autorités, mais aussi d’acteurs comme la Banque cantonale vaudoise (BCV) qui investit chaque année quelque 500 000 francs dans la Fondation pour l’innovation technologique (FIT).

Genève, de son côté, est confronté à une forte fragmentation des acteurs, notamment dans le domaine de la recherche et de la formation: l’Université de Genève, les Hautes Ecoles spécialisées (HES), une antenne de l’EPFL, les organisations internationales, le CERN…

La Fongit essaie de les fédérer. Un exemple: en 2014, sur tous les projets soutenus par la Fongit, seuls 10% étaient le fruit d’une collaboration avec une école ou une institution basée localement. Sur les 130 projets actuels, ce pourcentage est monté à 50%.

On observe à Genève et dans l’Arc lémanique des convergences technologiques uniques au monde et qui attirent d’ailleurs de plus en plus d’investisseurs étrangers. Elles touchent principalement le biomédical avec des compétences qui viennent souvent du CERN, comme en témoigne la société Terapet, en pointe dans l’imagerie médicale. Est également soutenue la société FluoSphera, issue de l’Université de Genève, et qui développe des organoïdes permettant de tester la toxicité de médicaments. Plus rapide et moins dommageable que l’expérimentation animale.

Mais il y a des freins comme la pénurie de talents, mais le financement reste l’un des problèmes essentiels. Genève est en retard sur les financements de pré-amorçage et d’amorçage des projets d’innovation.

Source : Le Temps (résumé)

 

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