RADIO J en direct. Bonjour Ilana, notre chronique du Jour : « Le hightech israélien va t-il perdre ses talents après les élections? ».

Chronique de Daniel Rouach.

Le soir de la défaite de Yaïr Lapid une rumeur persistante a eu lieu. « Les startupistes de Tel-Aviv recherchent sur Google des lieux à l’étranger plus propices pour développer leurs startups et leurs rêves ». En fait c’est faux! Il s’agit d’une légende urbaine.

Bibi Netanyahou a été l’un des plus solides bâtisseur du hightech israélien. En gros son slogan a toujours été : « laissons les créateurs et entrepreneurs d’Israël construire de nouvelles entités high-tech ».

A SAVOIR. Fuite des cerveaux d’israéliens à l’étranger? Un fait indéniable : selon un rapport de l’institut de recherche Shoresh, les Israéliens les plus diplômés n’hésitent pas à s’exiler et à s’abstenir de plus en plus de participer à la vie politique et électorale du pays.

Dominique Moïsi, qui se trouvait en Israël au moment des élections qui ont vu la victoire de la coalition de droite, tire la sonnette d’alarme : la « start-up nation » est en passe de devenir à son tour une « démocratie illibérale ». Je ne souhaite pas commenter ce terme de « démocratie illibérale », mais le terme « Startup Nation ». Israël ne va pas certainement pas perdre sa définition de « Startup Nation ». Les juifs Ukrainiens et Russes qui débarquent en masse actuellement en Israël ne vont que renforcer le pays sur le plan hightech.

« Le résultat de l’élection n’affecte pas le marché », avait déclaré David Reznik, stratège des marchés de capitaux à la Bank Leumi Le-Israel Ltd lors du 4ème tour des élections. « Il semble que les gens se soient habitués au fait que c’est comme ça ici, et qu’ils croient que les choses finiront par s’arranger, d’une manière ou d’une autre. » « Le marché accepte la situation avec sérénité. Il n’y a pas de grand drame en ce moment ». En fait pour la 5ème élection cette assertion est toujours valable.

Les Israéliens les plus diplômés sont de plus en plus tentés de s’établir ailleurs et de voter avec leurs pieds. Un phénomène qui a de quoi alarmer les décideurs de l’Etat hébreu et qui a été mis en lumière dans un récent rapport : « Quitter la Terre promise – Un regard sur le défi de l’émigration pour Israël » , réalisé par l’institut de recherche Shoresh, affilié à l’Université de Tel-Aviv.

Initié par l’économiste Dan Ben-David, il étudie la fuite des cerveaux israéliens, en particulier vers les Etats-Unis, considérée comme « l’une des conséquences premières des politiques nationales favorisant les intérêts sectoriels et personnels sur les intérêts nationaux ». L’étude, qui porte sur deux périodes – 1995-2005 et 2006-2016- ne quantifie pas cet exode en chiffres absolus, mais s’inquiète de son impact à moyen terme.

 

LE CONTEXTE. Les startups et les entreprises israéliennes ont levé près de 10 milliards de dollars d’investissements en 2022, une réussite notable compte tenu de la forte baisse du marché qui a entraîné le licenciement de milliers de travailleurs et effrayé les investisseurs.

2021 a également été une année record pour les introductions en bourse (IPO) et les fusions et acquisitions (M & A) dans le secteur des technologies.

En Israël toujours, les exits des sociétés de haute technologie ont fait un bond étonnant de 520 % en 2021 pour atteindre une valeur sans précédent de 81,2 milliards de dollars. Mais en 2022, le marché a commencé à se retourner, et les valorisations et les actions en bourse en ont pris un coup.

1 000 travailleurs du secteur high-tech ont été ou sont en train d’être licenciés, car les entreprises cherchent à conserver leurs liquidités, même celles qui ont levé des « mega-rounds » (de 100 millions de dollars ou plus) il y a quelques mois à peine.

Lors d’un Forum à Davos, Bibi Netanyahou (alors PM) s’était livré à une «vente» argumentée d’«Israël Inc.», un pays qui, a-t-il dit, traverse une «véritable révolution» économique due à son entrée de plein pied dans le monde des technologies de l’information. Israël, a-t-il affirmé, a plus de savants par habitant que n’importe quel autre pays au monde, grâce, notamment, à l’afflux de «cerveaux» d’ex-URSS. Et d’affirmer que les investisseurs se précipitent dans son pays, telle cette entreprise japonaise qui, a-t-il affirmé, entend investir quatre milliards de dollars en deux ans en Israël, en rachetant «tout ce qui est à prendre». Au point, a-t-il ironisé, que des juifs français ou anglais émigrent désormais en Israël pour améliorer leur niveau de vie…

Bibi Netanyahou :  » Israël est une exception sur la scène économique occidentale. Nous avons réussi à éviter la crise économique mondiale mieux que la majorité des pays occidentaux ». « Mais nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Nous devons développer de nouveaux marchés et mettre en place de nouveaux partenariats. Ceci est la raison de ma visite à Davos. Mon but est de parler avec de grandes entreprises du secteur high-tech, et de les inciter à venir en Israël, à y investir et à créer des emplois. Cela sera bénéfique autant pour eux que pour nous. »

UN PEU D’HISTOIRE. LA SILICON WADI. Le nom de « Silicon Wadi » est un jeu de mots basé sur le nom de la Silicon Valley de Californie. « Wadi » est un mot arabe désignant une vallée ou un lit de rivière à sec et est également utilisé en hébreu.

La Silicon Wadi est une zone de grande concentration d’industries de hautes technologies située dans la plaine côtière israélienne et comparable à la Silicon Valley américaine.

La région s’étend sur une grande partie de l’État d’Israël, bien que des concentrations particulièrement élevées d’industrie de hautes technologies puissent surtout être trouvées dans la région de Tel Aviv-Jaffa, ainsi que de plus petites près des villes de Ra’anana, Petah Tikva, Herzliya, Netanya, de la ville universitaire de Rehovot et de sa voisine Rishon Letsion.

De plus, d’autres zones de hautes technologies peuvent aussi être trouvées à Haïfa et Césarée. Des secteurs de hautes technologies plus récents ont été construits à Jérusalem, dans des villes telles que Yoqneam et dans la première « ville privée d’Israël », Airport City, près de Tel Aviv-Jaffa.

Au cours des années 1980 et du début des années 1990, plusieurs sociétés de logiciels à succès émergent en Israël, notamment : Amdocs (établie en 1982 sous le nom d’Aurec Information), Cimatron (établie en 1982), Magic Software Enterprises (établie en 1983), Comverse (établie en 1983 sous le nom d’Efrat Future Technologies), Aladdin Knowledge Systems (en) (établie en 1985), NICE Systems (établie en 1986), Mercury Interactive (en) (établie en 1989) et Check Point (établie en 1993).

Les années 1990 voient le décollage réel des industries de haute technologie en Israël, l’attention des médias internationaux augmentant la sensibilisation à l’innovation dans le pays. La croissance augmentant, alors que de nombreux immigrants d’Union soviétique arrivent et fournissent une main-d’œuvre diplômée disponible. Les accords de paix, comme les Accords d’Oslo de 1993, favorisent l’environnement d’investissement et la Silicon Wadi commence à se transformer en une remarquable zone concentrée de haute technologie.

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