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Michal Gur-Aryeh, directrice des affaires économiques pour l’Afrique, l’Amérique Latine et les Caraïbes au ministère israélien des Affaires étrangères, expose le rôle que souhaite jouer son pays en Afrique francophone.

Jeune Afrique : Pour quelles raisons avez-vous choisi de faire du monde francophone, et de l’Afrique en particulier, le cœur de votre conférence cette année ?

Michal Gur-Ayeh : Notre objectif premier est de combler le manque d’exposition d’Israël dans cette région. Bien qu’il y ait des entreprises actives dans les pays africains francophones, beaucoup d’entre elles passent à côté d’opportunités commerciales, notamment en raison de la barrière de la langue. Nous travaillons d’ailleurs à accroître l’utilisation de la langue française, car sans elle, il est plus difficile de convaincre les Africains d’acheter nos produits et solutions médicales.

Nous pensons être à même d’offrir à l’Afrique francophone des solutions médicales abordables et efficaces, notamment grâce à une politique de réduction des coûts de production à la base, ce qui aura un impact vertueux sur le prix de nos produits.

 

Votre programme fait large part à la pandémie et aux « best practices » en matière de santé et de soins. Quelle est l’expertise des secteurs privé et public israélien dans ces domaines ?

Nous disposons d’un système de santé totalement digitalisé. Que vous alliez à l’hôpital ou chez votre médecin de famille, les professionnels de santé seront en possession de tous les rapports médicaux établis.

 

Ce système nous a permis de contrôler la situation lors de la pandémie, de localiser les clusters et d’accélérer la prise de décisions. Dès les premières heures de l’arrivée du Covid-19 dans notre pays, les autorités ont rapidement reçu tout nouveau renseignement sur ce virus. Comme avec le variant Omicron, pour lequel le ministère des Affaires étrangères a été à même d’échanger ses informations avec les autorités de santé sud-africaines. Nous avons également envoyé des équipements médicaux au Sénégal et au Ghana, ainsi que des médecins au Botswana. Et nous avons partagé nos expertises avec Madagascar et le Rwanda…

Quels sont les principaux acteurs de la health tech israélienne ?

TytoCare, par exemple, a créé un kit portatif qui établit un diagnostic précis des signes vitaux (cœur, poumons, yeux, oreilles, etc.). Les résultats sont ensuite envoyés à un médecin, par voie numérique. Ce produit se révèlerait particulièrement utile en Afrique francophone, dans les villages reculés notamment. D’autant plus qu’il est proposé à un coût abordable et représente un gain de temps non négligeable. Dotz Nano, lui, offre ce même type de système, mais cette fois tourné vers des diagnostics de traçage et d’authentification – pour le Covid-19 et d’autres virus. Dans la même veine, Virusight Diagnostic a mis au point une solution similaire basée sur la technologie spectrale et l’intelligence artificielle (IA), qui fournit des résultats en 20 secondes.

Cassit a créé une attelle, utilisée en Ouganda, qui s’adapte à la main du patient

Peut aussi être cité MadeCu, qui a mis au point des bandages spéciaux et qui est le seul fournisseur au monde de pansements imprégnés de microparticules d’oxyde de cuivre, afin de traiter les plaies aiguës et chroniques. Neo Laser, lui, a mis au point un appareil laser portatif pour soigner les problèmes endovasculaires et proctologiques. La société Cassit, quant à elle, a créé une attelle qui s’adapte, en cinq minutes, à la main du patient. Peu onéreuse et esthétique, elle est actuellement utilisée en Ouganda et dans les pays anglophones.

Comment comptez-vous vous démarquer de la concurrence du Moyen-Orient, de l’Égypte… également en pointe dans le secteur et très présents sur le marché panafricain ?

La technologie médicale « Made in Israël » est connue à travers le monde, notamment grâce à l’impression 3D qui a permis la fabrication de scanners ou encore la conception d’un cœur humain, par cette technologie. Outre la fourniture de solutions médicales, le gouvernement israélien s’engage à dispenser une formation adaptée, ainsi qu’à assurer un suivi sur le long terme.

Notre engagement en Afrique ne date pas d’hier : en octobre 2020, cinq enfants ivoiriens atteints d’une malformation cardiaque congénitale ont été gracieusement soignés en Israël. Je ne peux pas me prononcer sur les offres médicales d’autres pays, mais il existe un savoir-faire israélien qui n’est plus à prouver.

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