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Sorti en France, le film « Mort sur le Nil » vient d’être interdit dans plusieurs pays arabes en raison de la présence au générique de la comédienne israélienne Gal Gadot. Une séquence aux airs de déjà-vu pour les acteurs et réalisateurs soutiens de l’Etat hébreu.

2022 : barrage sur le Nil.

L’actrice israélienne Gal Gadot tient l’un des rôles principaux de Mort sur le Nil, adaptation du roman d’Agatha Christie signée Kenneth Branagh, en salle depuis le 9 février en France. Victime d’un boycott visant la comédienne, le film ne sortira pas au Liban, au Koweït et en Tunisie. Ces pays reprochent à la star son soutien à l’armée israélienne affiché lors de l’opération « Bordure protectrice », déclenchée à l’été 2014 dans la bande de Gaza. En 2017, déjà, le choix de Gal Gadot pour incarner Wonder Woman avait entraîné l’interdiction du blockbuster de Patty Jenkins en Algérie, en Tunisie, au Liban et au Qatar.

2018 : Spielberg blacklisté.

Le film de Steven Spielberg, Pentagon Papers, sur la divulgation par le New York Times et le Washington Post au début des années 1970 de documents exposant les mensonges des Etats-Unis sur leur implication militaire au Vietnam, déplaît souverainement au gouvernement libanais. Pendant des mois, des cinémas de Beyrouth organisent une campagne d’affichage en faveur du long-métrage, mais les autorités décident de s’opposer à sa diffusion. Car le réalisateur américain figure sur une liste noire de la Ligue arabe pour avoir versé 1 million de dollars à l’Etat d’Israël en 2006, à la suite de la guerre contre le Hezbollah.

1993 : la Shoah taboue.

En raison de son sujet, la Shoah, La Liste de Schindler, réalisé par Steven Spielberg, se trouve frappé par la censure de plusieurs pays arabes ou musulmans. Le Liban et la Jordanie le rejettent en raison du soutien du cinéaste à l’Etat hébreu. La Malaisie leur emboîte le pas. La censure du pays reproche au film, qui raconte la manière dont l’industriel allemand Oskar Schindler réussit à éviter à plus d’un millier de personnes de périr dans le camp de concentration de Plaszów (Pologne), de montrer des juifs trop « sympathiques » et des nazis trop « brutaux ».

1963 : Elizabeth Taylor chassée d’Egypte.

Avant de triompher au box-office et de marquer l’histoire du cinéma, le film Cléopâtre, de Joseph L. Mankiewicz, a connu mille péripéties. A commencer par l’annulation d’une partie du tournage en Egypte car la star de cette superproduction, Elizabeth Taylor, est persona non grata dans le pays depuis sa conversion au judaïsme et son activisme en faveur de l’Etat d’Israël, auquel la comédienne a fait don de plusieurs centaines de milliers de dollars. L’Egypte et la Syrie interdisent l’œuvre sur leur territoire. Un nouveau biopic de la reine d’Egypte est actuellement en préparation avec dans le rôle-titre… Gal Gadot.

1959 : « Ben-Hur » arrête son char en Syrie.

Le film, avec Charlton Heston et Stephen Boyd, réalisé par William Wyler, apparaît dès sa sortie comme le péplum emblématique de l’époque, couronné de plusieurs Oscars, dont celui du meilleur film. Les gouvernements syrien et égyptien décident pourtant de l’interdire au motif qu’une des actrices, Haya Harareet, est israélienne. A la même occasion, le ministère de la culture syrien prohibe les productions avec Edward G. Robinson en vedette, en raison des soi-disant « activités pro-sionistes » de la star.

Source lemonde

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