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Le ministre israélien de la Justice Gideon Saar a mis en place une commission spéciale dirigée par le directeur-général du ministère, Eran Davidi, qui sera chargée d’émettre des recommandations régulatoires vis-à-vis des réseaux sociaux ainsi qu’en direction des technologies qui font leur apparition en Israël et à l’étranger.

Les membres de cette commission comprennent des représentants du bureau du Premier ministre, du ministère des Finances, du ministère des Communications, des ministères de l’Économie et de l’Industrie, de l’Autorité israélienne de l’innovation ainsi que de bureaux variés au sein du ministère de la Justice – avec, parmi eux, l’Unité de cybersécurité du procureur de l’État et de l’Autorité de la protection de la vie privée.

Dans un courrier en date du 13 octobre 2021 qui a été repris dans un premier temps par Ynet, Saar a écrit que la commission serait chargée de « formuler des mesures et des actions qui puissent permettre de combler les écarts qui ne cessent de s’élargir entre les avancées technologiques et les arrangements régulatoires et législatifs en Israël, et qui puissent aussi permettre de s’attaquer aux influences sociales négatives des phénomènes variés qui résultent de ces écarts ».

Cette information a été rendue publique alors que Facebook a fait la Une des médias, ces dernières semaines, suite au témoignage apporté par une lanceuse d’alerte qui a mis en exergue les pratiques douteuses de la compagnie et après une panne mondiale de six heures qui a touché Facebook, Instagram, et WhatsApp, entraînant la colère des gouvernements et des régulateurs du monde entier. La lanceuse d’alerte, Frances Hauge, avait déclaré devant le Congrès, ce mois-ci, que Facebook accordait la priorité au profit financier au détriment du bien public, que le réseau social attisait la division, nuisait aux enfants et qu’il devait être régulé – ce qui avait entraîné un nouveau débat sur le géant des réseaux sociaux et sa portée internationale déréglementée.

Dans un entretien accordé la semaine dernière, la docteure Tehilla Shwartz Altshuler, chercheuse au sein de l’Institut israélien de la Démocratie et cheffe de son programme « Démocratie à l’ère de l’information », a déclaré au Times of Israel que si définir des régulations prendrait du temps, ces dernières étaient inévitables en raison de l’immense pouvoir de Facebook.

Dans sa lettre de mercredi, Saar a cité les avancées réalisées dans les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle (AI), les technologies du cloud, du blockchain et des crypto-devises, de la réalité virtuelle et de l’Internet des objets, disant que « les écarts qui ne cessent de s’élargir entre la loi et la technologie signifient que les intérêts de l’État, de son économie et les droits individuels peuvent subir des préjudices irréversibles tant que ces technologies ne s’adapteront pas aux arrangements légaux et régulatoires décidés dans le cadre de cette réalité qui change en permanence ».

Times of Israel (Copyrights).

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