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L’affaire du Projet Pegasus continue. Israël vient de démarrer son enquête sur NSO Group, l’entreprise à l’origine du logiciel qui a servi à espionner des centaines de journalistes, politiques et activistes, en dehors de tout cadre légal. Ce 28 juillet 2021, des membres du gouvernement se sont rendus dans les locaux de la société pour donner le coup d’envoi à leurs investigations, ont rapporté le MIT Technology Review.

Coup d’envoi de l’enquête israélienne sur NSO Group.

Le 19 juillet 2021, un consortium de 17 médias internationaux collaborant avec Amnesty International a révélé aux yeux du grand public le Projet Pegasus. Cette affaire a permis de découvrir que des dizaines d’États à travers le monde s’étaient servis du logiciel espion Pegasus, édité par la société israélienne NSO Group, pour infiltrer illégalement les smartphones de centaines de journalistes, d’avocats, de militants des droits de l’homme, de milliardaires, de personnalités politiques… Même le téléphone d’Emmanuel Macron aurait été visé par les services de renseignement marocains.

C’est dans ce contexte que le gouvernement israélien a décidé de lancer une enquête sur NSO Group. Le ministère de la Défense du pays n’a pas précisé quelles agences gouvernementales étaient impliquées dans l’investigation, mais les médias locaux ont précédemment rapporté que le ministère des affaires étrangères, le ministère de la justice, le Mossad et les services de renseignement militaire s’intéressaient également à l’entreprise suite à la mise en lumière du Projet Pegasus.

Le PDG de l’entreprise se réjouit de l’enquête.

Depuis la révélation de cette affaire, NSO Group dément fermement les accusations qui lui sont adressées. L’entreprise nie notamment le fait que la liste de 50 000 numéros sur laquelle se sont appuyés les journalistes pour leur enquête sur le Projet Pegasus, est liée à ses activités.

Le PDG de NSO Group, Shalev Hulio, a néanmoins confirmé auprès de nos confrères du MIT Technology Review que des membres du gouvernement israélien s’était rendus à ses bureaux : « C’est vrai. Je crois que c’est très bien qu’ils [les membres du gouvernement, NDLR] vérifient, puisque nous connaissons la vérité et que nous savons que la liste n’a jamais existé, et qu’elle n’est pas liée à NSO ». Il a par ailleurs semblé se réjouir de cette enquête : « Nous voulons qu’ils vérifient tout et qu’ils s’assurent que les allégations qui nous sont portées sont fausses ».

Rappelons que NSO Group a déjà été accusée par le passé de s’adonner à des pratiques douteuses. En 2020 par exemple, le groupe Facebook avait poursuivi l’entreprise israélienne pour avoir permis des attaques contre WhatsApp. Le PDG du service de messagerie a d’ailleurs récemment réaffirmé ses craintes lors d’une interview. Le FBI a également lancé une enquête à l’encontre de NSO Group, alors soupçonnée d’avoir été à l’origine de piratages gouvernementaux.

Une affaire aux répercussions internationales.

Malgré les démentis virulents de NSO Group, le Projet Pegasus a attiré l’attention au niveau international. Aux États-Unis, des membres démocrates du Congrès ont notamment appelé à prendre des mesures contre l’entreprise : « Les entreprises privées ne devraient pas vendre des outils de cyber-espionnage sophistiqués sur le marché public, et les États-Unis devraient travailler avec leurs alliés pour réglementer ce commerce. Les entreprises qui vendent des outils aussi incroyablement sensibles à des dictatures sont les AQ Khans du cyber-espace. Elles devraient être sanctionnées, et si nécessaire, fermées », ont déclaré les législateurs américains.

/siecledigital.fr

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