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Au deuxième jour de son voyage au coeur de l’Europe centrale, commencé dimanche à Budapest, le pape argentin s’est adressé lundi après-midi à la communauté juive slovaque et a écouté le témoignage d’un survivant de l’Holocauste.

De son côté, trois jours avant l’arrivée du pape, Bratislava a présenté ses excuses officielles pour l’héritage sombre de l’époque du président Jozef Tiso, un prêtre catholique qui accepta d’envoyer des dizaines de milliers de juifs dans les camps de la mort allemands.

Après la création en 1939 de la première République slovaque, un pays totalitaire satellite de l’Allemagne nazie, plusieurs lois antijuives avaient servi de base aux déportations de dizaines de milliers de juifs slovaques. Aujourd’hui la communauté ne compte plus qu’environ 2.000 personnes.

Un mémorial a été érigé sur la  place Rybne, dans un quartier traditionnel juif de Bratislava, où se trouvait autrefois une synagogue, démolie en 1969 par le gouvernement communiste pour construire un pont.cette place en 1996.  Il commémore les victimes de l’Holocauste en Slovaquie. Moins de 300 survivants restèrent dans le pays à l’issue de la guerre.

Lors de la cérémonie, le pape a exprimé sa « honte » pour le massacre de plus de 100 000 juifs slovaques, déplorant que le nom de Dieu ait souvent été utilisé « dans la folie de la haine » durant la Seconde guerre mondiale. Pour sa part, Richard Duda, le président de l’Union centrale des communautés religieuses juives, a qualifié la rencontre d’« historique » et a souhaité que le dialogue officiel engagé depuis 2017 entre juifs et chrétiens slovaques, à la suite d’une visite conjointe au Vatican, « permettre de mettre un jour un point final » aux « côtés sombres de la coexistence » entre les communautés, qui a débouché sur l’extermination de toute une communauté il y a quatre-vingts ans.

Le pape François a été accueilli par le Premier ministre slovaque Eduard Heger et de son épouse Lucia Hegerova.

Cependant, une étude publiée l’an dernier par Globsec, un groupe de réflexion slovaque, a révélé que 51% des Slovaques estiment que « les Juifs ont trop de pouvoir et contrôlent secrètement les gouvernements et les institutions du monde entier ».

La rencontre arrive également à point nommé pour le pape François, plutôt perçu comme l’ami des juifs, mais épinglé en août pour ses commentaires sur un passage biblique évoquant trop négativement la loi juive (Torah), de l’avis de responsables juifs en Israël ou en Italie. Ses propos, sans grande nuance, ont été discrètement rectifiés.

Dans le passé, le pape a aussi été critiqué par des érudits juifs pour ses citations bibliques non contextualisées sur les « hypocrites » pharisiens,un stéréotype négatif qui a alimenté l’antijudaïsme.

Malgré ces maladresses, François a multiplié durant son pontificat les déclarations sur « la proximité entre judaïsme et christianisme ».

Source : AFP & Israël Valley

 

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