« J’espère que les problèmes du pays seront résolus par des pourparlers et des négociations », a-t-il déclaré, renouant avec le ton pragmatique qui a caractérisé ses années au pouvoir. « Je demande également à toutes les forces de sécurité et aux Taliban, où qu’ils se trouvent, d’épargner les vies et les biens de la population, de se concentrer sur la sécurité des personnes », a-t-il ajouté.
Trois jours plus tard, Hamid Karzaï s’est assis avec une délégation de Taliban, dont un de leurs négociateurs, Anas Haqqani. Ce dernier est le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington et qui avait mené des attentats suicides et de brutales attaques à Kaboul sous sa présidence.
« Si nous voulons voir une solution politique, Hamid Karzai va devoir y jouer un rôle clé », estime Ibraheem Thurial Bahiss, consultant auprès de l’International Crisis Group.
« C’est une figure unificatrice à bien des égards », a-t-il poursuivi, rappelant qu’Hamid Karzaï avait la réputation d’avoir su rassembler des « factions diverses » du temps de sa présidence. Avec AFP
LE PLUS.
Alors que les Taliban se sont emparés de la quasi-totalité de l’Afghanistan, une région résiste à leur contrôle. Dans la vallée du Panchir, le fils du commandant Massoud, Ahmad Massoud, et l’ex-vice-président afghan, Amrullah Saleh, organisent la résistance depuis des terres qui ont longtemps fait figure de forteresse moudjahidine imprenable.
Si les Taliban ont pris le contrôle presque total de l’
Afghanistan, un homme se dresse encore sur leur chemin : l’ancien vice-président, Amrullah Saleh. Ce dernier a promis qu’il ne se soumettrait en aucun cas à eux, allant même jusqu’à se déclarer, mardi, président légitime.
L’ex-espion en chef du pays, ennemi juré des islamistes désormais au pouvoir à
Kaboul, s’est retiré dans la dernière région qui n’est pas encore entre leurs mains : la vallée du Panchir, au nord-est de la capitale, où il a rejoint le fils du commandant Massoud.
« Mes compagnons d’armes et moi allons donner notre sang ».
Sur une photo diffusée dans les médias afghans, Amrullah Saleh est aux côtés d’Ahmad Massoud, installé sous le portrait de son père, le commandant Massoud, figure de la résistance antisoviétique et anti-Taliban, assassiné en 2001 par Al-Qaïda.
Depuis cette zone qui échappe aux contrôle des Taliban, les deux hommes tentent d’organiser la résistance. Amrullah Saleh voudrait même récupérer la fonction de président afghan à la place d’Ashraf Ghani, qui a quitté le pays dimanche, lorsque
les Taliban sont entrés dans Kaboul.
« Selon la Constitution afghane, en cas de défection ou de décès du président, le vice-président devient président par intérim », rappelle-t-il dans un tweet. « Je suis dans le pays et je suis légalement et légitimement président par intérim. Je consulte tous les dirigeants du pays pour renforcer cette position. »
Lundi, dans
une tribune publié par la revue française « La Règle du Jeu », Ahmad Massoud appelait déjà à la résistance contre les Taliban. « Mes compagnons d’armes et moi allons donner notre sang, avec tous les Afghans libres qui refusent la servitude et que j’appelle à me rejoindre dans notre bastion du Panchir, qui est la dernière région libre de notre pays à l’agonie », affirmait-il.
Forteresse moudjahidine imprenable
Autour d’Ahmad Massoud, des hommes armés ont commencé à se regrouper dans le Panchir, mais cette rébellion va-t-elle prendre une grande ampleur ? Certains spécialistes n’y croient pas. « Il y a quelques semaines, il avait estimé que des centaines de milliers d’Afghans le rejoindraient dans sa résistance, ce n’est pas arrivé », explique Solène Chalvon-Fioriti, auteure du documentaire
« Afghanistan : voyage en pays Taliban ». « Et puis il aimerait construire une résistance de l’ethnie tadjik, on sait qu’il y a des Tadjik qui sont maintenant inféodés aux Taliban », poursuit-elle. « Donc Ahmmad Massoud n’est pas un guerrier, il est tout à fait légitime dans les chaussons de son père, mais il n’est pas un combattant. »
La vallée du Panchir a, jusqu’ici, fait figure de forteresse moudjahidine imprenable.
Ni les soviétiques dans les années 1980, ni les Taliban dans les années 1990 n’avaient réussi à s’en emparer.
Laisser un commentaire