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Bonjour Laurence,

Deux sujets ce jour dans notre Chronique. (1) Space Pharma. Espace et innovation. (2) CNES et Israël.

(1). SPACEPHARMA. On a l’impression de vivre une histoire de science fiction mais c’est très sérieux. Des innovations « Made in Space » (réalisées dans l’espace) vont bientôt voir le jour grâce aux travaux inédits de la société israélienne SpacePharma dont l’ambition est de favoriser la réalisation d’expériences dans l’espace. Le patron de SpacePharma est Yossi Yamin. Il en a parlé récemment. C’est très sérieux. Il s’agit de réaliser des expériences sur des mini-satellites et des panneaux solaires.

SpacePharma suscite un vif engouement par le caractère innovant de ses activités. Elle travaille à la conception de technologies capables de soutenir la réalisation de travaux de recherche et développement dans l’espace. Elle est déjà entrée en collaboration avec l’International Space Station et Eytan Stibbe, le prochain astronaute israélien.

La start-up vient de développer un laboratoire de microgravité miniaturisé permettant la mise en œuvre d’expériences dans des conditions suborbitales, à des coûts inférieurs aux expériences sur Terre, et pouvant être contrôlées à distance grâce à l’application SpacePharma.

A titre d’exemple, des recherches sur les réactions enzymatiques, les cellules souches ou encore les biopsies cancéreuses pourront être menées au sein de ce laboratoire et conduire ainsi aux premières innovations « Made in Space » dans de nombreux domaines – science de la vie, produits chimiques et pharmaceutiques, technologie alimentaire, matériaux, etc.

Les produits conçus par la société sont innovants à plusieurs titres : ils offrent une technologie miniaturisée « NewSpace » ne nécessitant ni l’envoi de machines volumineuses dans l’espace, ni l’intervention d’astronautes ou d’équipe humaine sur place, permettant alors de limiter les coûts. Par ailleurs, plusieurs expériences peuvent être lancées sur le même appareil, favorisant ainsi les collaborations scientifiques et la répartition des coûts de lancement.

SpacePharma a également travaillé avec les agences spatiales israélienne et italienne pour lancer deux satellites : le DiDo-2, et le DiDo-3. Le premier satellite avait pour objectif de tester un laboratoire pharmaceutique miniaturisé dans l’espace et le second visait à étudier plusieurs technologies israéliennes et italiennes.

Par ailleurs, la société israélienne a créé récemment le Corolab, un laboratoire miniaturisé visant à stimuler la recherche pour lutter contre le coronavirus.

(Auteur : Auriane Djian, chargée de mission scientifique au sein du Service de coopération scientifique et universitaire de l’Institut français d’Israël.)

(2) Guerre de l’espace. Israël et le CNES. Le Centre national d’études spatiales est « chargé d’élaborer et de proposer au gouvernement français le programme spatial français et de le mettre en œuvre ». Le CNES dispose d’un budget de 2,78 milliards d’euros. Le CNES est l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne

Le campus du CNES à Toulouse va accueillir dans les deux ans à venir le nouveau « Commandement de l’Espace » qui opérera les moyens spatiaux de la défense nationale française. Celui-ci réunira 400 personnes. Sa création a favorisé aussi la venue du futur Centre d’excellence de l’Otan pour le domaine spatial.

La « guerre de l’espace » va donc renforcer l’activité du Centre spatial de Toulouse qui va accueillir à l’avenir de plus en plus de chercheurs et ingénieurs du monde entier. Très probablement des experts d’Israël seront invités à Toulouse dans le cadre d’un accord avec l’OTAN.

Une information importante. Le Secrétaire général adjoint de l’OTAN pour l’investissement de défense était récemment en Israël pour rencontrer des responsables israéliens à Tel-Aviv et à Jérusalem pour discuter de « la coopération pratique menée actuellement entre l’OTAN et Israël, et échanger des vues sur la situation actuelle dans la région méditerranéenne ».

Israël est un important partenaire de l’OTAN depuis plus de 20 ans, ainsi qu’un membre actif du Dialogue méditerranéen mené par l’OTAN.

Selon l’OTAN : « La coopération entre l’OTAN et Israël, plus étroite que jamais, va de la cyberdéfense à la lutte contre le terrorisme, en passant par la lutte contre la prolifération des missiles et des armes de destruction massive, ou le renseignement ».

Le centre d’excellence OTAN (CEO) situé dans le sud-ouest de la France sera au cœur du plus grand écosystème spatial en Europe. En effet, il sera entouré du Commandement de l’espace (CDE) de l’armée de l’Air et de l’Espace, du Space Lab, d’industries spatiales internationales, ainsi que de laboratoires innovants, d’universités et de centres de recherches. Cet écosystème permettra au CEO d’obtenir une expertise hors du commun, autant publique que privée, militaire que civile, industrielle qu’académique.

Les missions confiées au CEO concerneront des travaux de doctrine, des formations, des exercices, des analyses et de la prospective de manière autonome ou avec le Commandement de l’espace. De ce fait, le CDE poursuit son travail avec l’OTAN afin d’accueillir le CEO dès l’été 2021. À terme, le centre devrait recevoir 42 personnes dont 17 étrangers ».

La France, quant à elle, pionnière européenne, a adopté, en juillet 2019, une stratégie spatiale de défense afin de tenir compte des réalités de l’environnement spatial et des menaces croissantes qui pèsent sur les moyens spatiaux, désormais vitaux à la fois pour leurs applications civiles et militaires. Ainsi, avec le CEO, la France s’engage à renforcer les compétences spatiales européennes. »

LE PLUS.  Le Centre spatial de Toulouse (CST) est le centre technique et opérationnel du Centre national d’études spatiales. Créé en 1968, il est situé dans le quartier de RangueilLespinet à Toulouse dans le département de la Haute-Garonne en région Occitanie. Plus de 1 700 salariés y sont chargés du développement de la plupart des travaux de la responsabilité du CNES à l’exception des lanceurs et de leurs lancements.

À l’exception des lanceurs et de leurs lancements, l’établissement toulousain est chargé de la plupart des travaux de la responsabilité du CNES : conception, développement, réalisation en partenariat avec les entreprises industrielles et les laboratoires scientifiques, mise en orbite, contrôle et exploitation des véhicules et des systèmes spatiaux, satellites, sondes et ballons. Il mène simultanément une quarantaine de projets spatiaux en coopération avec une vingtaine de pays. Il accueille également le centre de contrôle du véhicule automatique de transfert européen (ATV). Ses missions couvrent la plupart des tâches techniques et d’assistance aux scientifiques comme le management des projets, les études de recherche et technologie, les centres d’opération pour les mises à poste et la gestion en orbite, les moyens informatiques et d’études mathématiques, les supports (administration, logistique et communication). Le CNES exerce en outre à partir du Centre spatial de Toulouse une délégation de maîtrise d’ouvrage pour la Direction générale de l’Armement.

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