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Au Liban, pour pallier la lenteur des vaccinations gouvernementales, un système parallèle payant a été mis en place avec le vaccin russe Spoutnik V. Les entreprises qui le souhaitent, et qui en ont les moyens, peuvent faire vacciner leurs salariés, peu importe leur âge ou leurs conditions de santé.

À l’hôpital Mont Liban, un centre hospitalier privé de la capitale libanaise, Christine vient de recevoir sa première dose contre le Covid-19. Pourtant, cette jeune maman est loin d’avoir l’âge requis pour se faire vacciner gratuitement par le gouvernement. Elle ne fait pas non plus partie d’une entreprise qui fait vacciner ses salariés. Non, Christine a simplement fait jouer ses contacts.

« Je suis jeune, j’ai des enfants et je travaille, alors je ne peux pas attendre et prendre des risques. Il faut connaître quelqu’un pour avoir le vaccin », dit-elle.

Connaître quelqu’un et avoir 38 dollars en poche. Dans un Liban en pleine crise financière, cela représente la moitié du salaire moyen. « Il y a beaucoup de gens qui sont malades et attendent leur tour parce que 38 dollars maintenant, c’est beaucoup. Mais c’est pour ma santé et pour celle de mes enfants. »

Mal à l’aise, Christine reconnaît le caractère injuste de ce processus de vaccination réservé aux plus aisés. Un constat partagé par Nazih Gharios, le directeur de l’hôpital Mont Liban.

Mais pour le médecin, il n’y a pas d’autre solution. « Le Liban est en faillite. On ne peut pas vacciner tout le monde rapidement. Quel choix on a ? Attendre de vacciner tout le monde gratuitement ? Ça va prendre peut-être plusieurs années. Donc, ceux qui peuvent payer, ils paient. On n’a pas le choix », commente-t-il.

Difficile de donner tort à ce directeur. Car sans la campagne de vaccination payante à laquelle son hôpital participe, l’objectif fixé par le gouvernement de vacciner 80% de la population d’ici la fin de l’année sera tout simplement impossible à atteindre.

Un mois et demi après le lancement de la campagne vaccinale, seul 1,6% de la population a pour l’instant reçu ses deux doses. Dans le même temps, le nombre de contaminations et de décès continue d’être très élevé, les hôpitaux sont pleins, le système sanitaire à bout de souffle.

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