Depuis jeudi, il est possible de regarder sur le site Arte.tv la nouvelle série « En thérapie » d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Le concept aussi singulier qu’original est le même: chaque épisode de 30 minutes met en scène un psy face à l’un de ses patients. Et le 5e jour, c’est le psy qui se rend chez son analyste à lui. Voilà tout. Pas d’action, pas de personnages à gogo: les 30 minutes d’épisode sont un dialogue entre deux, parfois trois personnes dans une seule et même pièce.

Les connaisseurs du monde des séries auront reconnu dans cette trame « BeTipul » né il y a quinze ans en Israël. Trois ans plus tard, la chaîne américaine HBO acclimatait le concept, confiant le rôle du thérapeute à Gabriel ByrneIn Treatment a remporté un succès mondial, ce qui n’a pas empêché BeTipul d’essaimer à travers le monde, du Japon à la Serbie, de l’Italie à l’Argentine. Mais pas en France où plusieurs tentatives d’adaptation ont échoué, au fil des années.

Jusqu’au jour de mars 2015 où Olivier Nakache et Eric Toledano ont croisé le chemin des productrices Yaël Fogiel et Laetitia Gonzalez en Israël, à l’occasion d’un festival du cinéma français. Les deux duos avaient cohabité quelques années auparavant dans une cour du 10e arrondissement. Au rez-de-chaussée, les premiers bricolaient leurs premiers courts-métrages, au deuxième étage, les Films du Poisson, la société des secondes, produisaient les premiers longs-métrages d’Emmanuel Finkiel. Entre ces deux rencontres, Yaël Fogiel avait fait la connaissance de Hagai Levi, avec qui elle avait ébauché un projet de long-métrage, avant de récupérer les droits de l’adaptation française de BeTipul.

Au printemps 2015, la productrice a organisé la rencontre entre le scénariste israélien et les réalisateurs français, dans un restaurant du quartier deJaffa, à Tel-Aviv : « Nous avons dit à Hagai Levi que ce serait formidable d’être les ambassadeurs de ce concept génial, on ne savait pas si ça l’intéresserait, si on était les bonnes personnes », se souvient Eric Toledano. De son côté le showrunner, qui est à New York où il termine une adaptation de Scènes de la vie conjugale, d’Ingmar Bergman, avec Oscar Isaac et Jessica Chastain, se rappelle avoir été immédiatement conquis : « J’ai découvert qu’Eric aimait beaucoup Etty Hillesum [l’autrice juive néerlandaise morte à Auschwitz en 1943], j’en ai été surpris et très heureux, on se retrouvait sur le même divan. »

Les scénaristes français ont choisi de recontextualiser la série au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. “L’idée, c’est de raconter comment un événement extérieur fait remonter des traumatismes intérieurs » a expliqué Éric Toledano.

Frédéric Pierrot, qui joue le psychanalyste, reçoit dans son cabinet une chirurgienne en plein désarroi amoureux (Mélanie Thierry), un couple en crise (Clémence Poésy et Pio Marmaï), une ado aux tendances suicidaires (Céleste Brunnquell) et un agent de la BRI traumatisé par son intervention au Bataclan (Reda Kateb). Enfin, c’est Carole Bouquet qui incarne son analyste avec qui il renoue après dix ans de silence.

Ces séances sur le sofa, qui dessinent en filigrane l’onde de choc qui s’est propagée dans les temps qui ont suivi les attentats du 13-Novembre et continue de le faire pour certains, peuvent aussi être intenses à regarder. Alors les réalisateurs déconseillent de “s’envoyer les 35 épisodes d’un coup”, mais plutôt de “voir une semaine de psychothérapie [soit 5 épisodes] puis d’attendre la semaine d’après pour digérer ses séances.”

La série, disponible en intégralité sur la plateforme Arte.tv depuis ce jeudi 28 janvier, sera diffusée à l’antenne tous les jeudis à 20h55 à partir du 4 février et jusqu’au 18 mars.

Source : HuffingtonPost, Le Monde et Israël Valley

 

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