Partager :

REVELATIONS. Très peu de personnes le savent : une relation forte existe entre Israël et le Maroc (Essaouira) dans un domaine étonnant : la production et l’exploitation d’huile d’Argane. Au total plusieurs milliers de personnes travaillent dans les coopératives marocaines consacrées à l’huile d’argane et quelque des millions de personnes vivent de cette industrie. Des industriels israéliens francophones sont très actifs dans ce secteur. (Les chiffres de la relation Israël-Maroc ne peuvent être révélés pour l’instant car ils sont confidentiels).

L’huile d’argane est une huile végétale tirée de l’arganier, arbre endémique du Maroc (présent surtout dans le Souss et les régions voisines). La grande majorité de la production d’huile d’argane passe par le biais des coopératives féminines d’huile d’argane. « La récolte des fruits d’argane est exclusivement réservée aux femmes Amazighs » entre juin et août.

Un programme porte sur l’amélioration des conditions de travail de la femme rurale, d’une activité économique génératrice de revenu complémentaire et une gestion durable des domaines de l’argane dans le sud-ouest du Maroc.

Coopératives parrainées par l’Agence de développement social (ADS) avec le soutien de l’Union européenne. L’UCFA (Union des Coopératives des Femmes de l’Arganeraie) est la plus importante union de coopératives pour l’argane au Maroc. Elle regroupe vingt-deux coopératives que l’on retrouve un peu partout dans la région. Ces femmes s’unissent afin d’être mieux organisées et garantissent ainsi un revenu équitable par le biais des coopératives, ce qui permet un meilleur cadre de vie et un dynamisme local. Elles assurent dans le même temps le maintien d’une tradition millénaire : l’huile d’argane artisanale pressée à la main.

LE PLUS. Riche en vitamine E (Tocophérol), en antioxydants, elle est aussi employée pour ses propriétés cosmétiques. À partir des années 2000, cette huile est devenue à la mode et la demande a fait exploser les prix. Les fraudes sont fréquentes et de nombreux produits dits « à l’huile d’argane » n’en contiennent pas ou très peu.

Il existe deux types d’huile d’argane selon que les amandons sont ou non torréfiés avant utilisation. L’huile alimentaire, plus sombre et au goût plus prononcé (arôme de noisette) du fait de la torréfaction, s’utilise comme une huile classique pour préparer les aliments, mais ne doit pas être portée à haute température. Elle est très nutritive et constitue, avec des amandes pilées et du miel, l’amlou, une pâte très nourrissante souvent consommée au petit déjeuner.

L’huile cosmétique, plus claire, s’utilise en application sur la peau et les cheveux et aurait des vertus contre la chute des cheveux, l’eczéma, la déshydratation cutanée. La chercheuse Zoubida Charrouf, spécialisée en chimie organique à l’université Mohammed V de Rabat, a beaucoup contribué à la connaissance scientifique de cette huile et des autres sous-produits de l’arganier. Grâce au CRDI (Centre de recherches pour le développement international, société d’état canadienne), elle a aussi œuvré à l’établissement des toutes premières coopératives de traitement de l’huile d’argane, entièrement dirigées par des femmes.

Partager :