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Journaliste indépendant, reporter au Moyen-Orient, otage au Liban, baroudeur et père de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen : les mémoires posthumes de Roger Auque « Au service secret de la République » ajoutent un nouvelle facette au personnage, celle d’espion pour les services français et israéliens.

Lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau, deux ans avant son décès en septembre dernier à l’âge de 58 ans, Roger Auque entreprend de rédiger ces mémoires qui sortent maintenant.

Le quotidien suisse « Le Temps » résume ses meilleures pages.

Le journaliste spécialisé le Proche-Orient avait été détenu pendant 11 mois en otage en 1987-88 au Liban où il était correspondant pendant la guerre. Il avait travaillé pour La Croix, la RTS suisse, RTL, l’agence de photo Gamma ainsi que la RTBF.

Dans son livre, Roger Auque confirme qu’une rançon a été payée à l’époque de sa libération. Il évoque aussi les années qui ont suivi et son recrutement par les services israéliens : « Les correspondants de guerre, les envoyés spéciaux ont toujours été une cible de choix pour les services. Mon initiation a débuté au cours de l’été 1989, à bord d’un superbe yacht rempli de très jolies filles, au large de Saint-Tropez. Les yachts, c’est toujours plein de jolies filles. J’étais invité à bord par un riche homme d’affaires français. Un type assez sympa s’approche. Il est cordial, mais va droit au but: « ‘Je m’appelle Amos, je suis israélien. Nous avons un pilote, Ron Arad, détenu depuis 1986. Nous pensons que vos libérateurs du Liban peuvent nous aider…' »

Dix ans plus tard, le voici en politique, à l’UMP, puis ambassadeur en Erythrée. Extraits de sa discussions avec Nicolas Sarkozy : « Dès le début de la conversation, je lui ai dit que je ne voulais plus être journaliste. Je lui ai lâché, je ne sais pas très bien pourquoi: ‘Les journalistes sont des imbéciles’. Rejet que j’éprouvais à l’époque pour une profession qui ne m’apprécie guère. Trop grande gueule, trop « baroudeur », trop « playboy ». Sans doute lassé aussi. J’ai tendance à cracher dans la soupe. Alors je me suis jeté dans le bain. […] Comme prévu, Sarkozy s’est levé pour décrocher son téléphone, signe de son intérêt. Il a échangé quelques mots avec Levitte. Je me souviendrai toujours de ses paroles: ‘Il faut que Roger soit ambassadeur. Il faut l’aider, c’est quelqu’un que j’aime beaucoup, il partage nos idées’. Il est comme ça, Sarkozy. Direct. Avec lui, c’est blanc ou noir. Ou on plaît, ou on ne plaît pas. […] En octobre 2009, me voilà nommé après un an d’attente ambassadeur de France en Erythrée ».

Enfin, un autre chapitre de sa vie retient l’attention avec des détails sur sa liaison avec Yann Le Pen, soeur de Marine et fille de Jean-Marie, et la naissance d’une fille cachée issue de cette union furtive, Marion Maréchal-Le Pen, une révélation datant de 2013.

RTBF

Plus de détails dans Le Temps et 24heures.ch

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