Partager :

UN ARTICLE DE ELNET FRANCE. Alors que la crise sanitaire mondiale provoquée par le coronavirus préoccupe tous les gouvernements, un coup de théâtre politique est survenu jeudi 26 mars en Israël qui éloigne de fait la perspective de nouvelles élections législatives.

Dans un retournement spectaculaire, Benny Gantz a été élu président de la Knesset, le Parlement israélien, jeudi 26 mars, dans le cadre d’un potentiel accord de partage du pouvoir avec son rival Benyamin Netanyahou, Premier ministre sortant dont la survie politique est en jeu après avoir été inculpé pour corruption dans une série d’affaires. A la dernière minute, Benny Gantz, dont le parti centriste Bleu Blanc a mené trois campagnes électorales en moins d’un an contre le Likoud de Benyamin Netanyahou, a présenté sa propre candidature et non celle d’un de ses députés au poste de président de la Knesset, le Parlement israélien.

Le Parlement a d’ailleurs indiqué dans la foulée que Benny Gantz était le seul candidat pour ce poste, vacant après la démission la veille de Yuli Edelstein, proche de Benyamin Netanyahou. Benny Gantz a été aussitôt élu par 74 voix contre 18, obtenant notamment les voix des députés du Likoud, mais perdant des appuis dans son propre camp, des membres de Bleu Blanc ayant refusé de cautionner ce rapprochement avec le parti de Benyamin Netanyahou.

Après l’annonce de Benny Gantz, les ténors du parti, Yaïr Lapid et Moshe Yaalon, ont indiqué quitter le navire. « Benny Gantz a décidé ce jeudi de scinder la liste Bleu Blanc et le gouvernement de Netanyahou. C’est une décision décevante », a déclaré le numéro 2 de la liste centriste, Yaïr Lapid, lors d’une conférence de presse commune avec Moshe Yaalon.

« Nous sommes partis en campagne ensemble parce qu’il m’a regardé dans les yeux et a dit qu’il ne siégerait jamais dans ce mauvais gouvernement. Je l’ai cru. Avec nous, plus d’un million d’électeurs de Bleu Blanc ont marché de rue en rue et se sentent trahis aujourd’hui, et à juste titre. Leurs votes ont été volés et donnés en cadeau à Netanyahou », a ajouté Yair  Lapid.  « Je félicite Benny Gantz pour sa décision courageuse d’intégrer un gouvernement d’unité mené par Benyamin Netanyahou. Il s’agit de la bonne décision à prendre pour Israël en cette période d’urgence » sanitaire, a commenté le ministre de la Défense, Naftali Bennett. Israël combat la pandémie, dont l’un des effets secondaires a été le report sine die du procès de Benyamin Nétanyahou.

Selon Ynet et Channel 12, les discussions prévoient pour l’instant que Benyamin Netanyahou reste Premier ministre encore un an et demi, avant de céder sa place à Benny Gantz qui sera Premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères pendant cette période. La Défense devrait revenir à Gaby Ashkenazi, ancien chef d’état-major de Tsahal, et ex-figure de proue du parti Bleu Blanc.

Le portefeuille de l’Education devrait rester entre les mains du parti Yamina de Naftali Bennett, bien que ses proches aient démenti l’existence de discussions sur le sujet. En outre, le bloc de droite devrait obtenir les ministères du Trésor, des Transports, de l’Intérieur, de la Santé et de la Sécurité intérieure.  Résilience pour Israël, de son côté, recevrait les ministères de la Justice, des Communications, de la Culture, ainsi que la présidence de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Rien n’a par ailleurs encore été décidé concernant la ligne politique du gouvernement, les échéances de la rotation, ou encore l’application du plan de paix américain pour le Proche-Orient. Enfin, selon des responsables du Likoud, Yuli Edelstein pourrait reprendre son poste de président de la Knesset sitôt que le gouvernement sera formé. Les responsables ont indiqué à Channel 13 que Benyamin Netanyahou y était favorable et que Benny Gantz n’y était pas opposé.

https://elnetwork.fr/lettre-dinformation-27-mars-2020

Photo : facebook

 

Partager :