Comment relancer l’économie… sans mettre en danger des droits ?
Quel sera l’impact sur la croissance et l’économie ? « L’ordre de grandeur est très simple à comprendre : si pendant un mois on arrête tout, ça fait un douzième du PIB, donc 8 % de croissance en moins. Mais certaines activités continuent, certaines en flux tendu, d’autre en télétravail. On voit donc qu’un mois arrêté, ça fait plutôt 2,5 à 3 points de croissance en moins. » Un ralentissement qu’il faudra compenser point par point : « Le déficit doit augmenter en proportion de ce ralentissement de la croissance. Un point de croissance en moins, ça doit être un point de déficit en plus. » Pour l’économiste, tout peut reprendre soit avec la fin de l’épidémie, soit plus tôt. « La crise peut durer si longtemps qu’il faut recommencer à travailler alors même que l’épidémie n’est pas terminée… Et là on rentrerait dans quelque chose de bien plus grave : aller travailler avec la peur au ventre, certainement pas l’envie de retourner au restaurant, avec un climat où la crise irait bien au-delà de ce mois ou de ces deux mois. Et il faudra d’autres instruments pour la reprise économique. » Des mesures avec lesquelles la majorité est déjà tentée de remettre en question certains acquis sociaux (congés, temps de travail…) pour relancer l’économie. « L’État dispose des moyens de faire du sur-mesure. Mais derrière les ordonnances, il faut être attentif au respect de l’État de droit, au fait que les gens ont le droit à une protection, y compris vis-à-vis de l’État. La période où l’on entre est propice à des excès. »L’économie numérique, à l’inverse, se porte à merveille
Qui sont les grands gagnants de cette crise ? », demande Daniel Cohen. « Tout le monde le voit, c’est l’économie numérique, puisqu’on apprend tous, tous les matins, à travailler d’une autre manière, à distance ; on voit le poids nouveau des applications de rencontres, les bénéfices d’Amazon, Netflix, etc. Au delà de la crise générale, on voit monter ce capitalisme à distance, celui qui est capable d’aller vous chercher à domicile. » Une victoire qui pourrait durer bien après l’épidémie… ou non. « Peut-être qu’à la fin, comme après la guerre, on aura tellement de plaisir à se revoir que ce sera un véritable défi jeté au capitalisme numérique, qui pense qu’on peut substituer des relations numériques aux relations humaines. »https://www.franceinter.fr/
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