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En France, comme en Israël, le silence domine dans les villes. a Tel-Aviv, les témoignages abondent : un silence de « Yom Kippour » dans la ville. A Paris le témoignage ci-dessous est très intéressant.Selon (1) : « Il m’est arrivé un truc de dingue hier après-midi. J’étais en train de promener ma chienne et tout d’un coup un type est passé en voiture et s’est mis à klaxonner !! Vous imaginez ! Le son d’un klaxon ! Ça devait faire une semaine que je n’en avais pas entendu. J’ai été tellement surpris que j’ai sursauté en manquant d’écraser la patte de mon canidé.  Ma propre réaction m’a sidéré… car mon cerveau s’est déjà déshabitué des sons habituels de la ville.

La mesure de la diminution de bruit

Fanny Mietlicky, la présidente de Bruitparif (qui est l’observatoire du bruit et qui dispose de 150 stations de mesure en Île-de-France) affirme que depuis la mise en place du confinement, les émissions sonores ont chuté progressivement.

Les appareils ont enregistré une baisse quotidienne moyenne de 5 à 7 décibels ce qui représente 66 à 80% de bruit en moins ! Les pics sonores habituellement générés par les deux-roues, les sirènes, les chantiers, les vols d’avions mais aussi par les bars ou les restaurants ont presque totalement disparu du paysage.

Désormais, tout n’est plus que silence et rues dépeuplées à Paris comme en province. Cette situation acoustique est totalement inédite. 

Et sur le site The Conversation, l’écoacousticien Jérôme Sueur se demande d’ailleurs quels peuvent être les effets de ce silence sur les êtres vivants. Car en temps normal, les bruits d’origine humaine viennent interférer avec le son des animaux.

Quelles sont les conséquences du silence sur les êtres vivants ?

Le chercheur explique que cela oblige par exemple les oiseaux à chanter plus fort, plus aigüe, plus souvent ou au contraire à décaler leur période de chant, à la réduire, voire à carrément fuir.

Le bruit est une source de stress physiologique qui engendre de la fatigue et une perte de vigilance face aux prédateurs en réduisant parfois les comportements alimentaires. Tous ces effets harassants peuvent influer sur la survie des individus et être visibles à l’échelle de tout un écosystème.

Pour le Jérôme Sueur, il est donc raisonnable de penser qu’un cadre sonore calme et dépollué puisse augmenter la survie des animaux chanteurs.

Mais cette période de silence est aussi une véritable aubaine pour les chercheurs en écoacoustique. Des magnétophones installés dans différents lieux de notre pays et qui enregistrent toute l’année le paysage sonore, vont pouvoir comparer dans quelques mois la dynamique acoustique avant, pendant et après le confinement ».

(1) https://www.franceinter.fr

 

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