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Un article de Guillaume Lenorman pour Israël Valley. Mercredi prochain après-midi sera mis en ligne le récit de la vie d’Eva Instagram, basé sur un journal intime tenu par la vraie Eva Heyman en 1944. En 70 épisodes courts sera retracée sa vie : une heureuse existence bourgeoise dans la Hongrie de l’avant-guerre interrompue par l’invasion nazie ; le déplacement forcé de sa famille dans le ghetto ; et le train bondé qui la transporte finalement à Auschwitz, le camp de la mort des Nazis dont elle ne revient jamais.
Cette narration a été créée par l’israélien Mati Kochavi et sa fille Maya. « Eva Stories » est un effort novateur, quoique provocateur, pour engager des post-millennials accrochés à l’écran dans l’éducation et le souvenir de l’Holocauste alors que la dernière génération de survivants s’épuise.
Le buzz autour du projet a été intense. Avant même que le compte fictif Instagram ne soit activé, il comptait plus de 200 000 adeptes, résultat d’une campagne de marketing agressive Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a approuvé le projet lundi.
Mais une tempête de critiques est apparue en Israël au sujet de l’utilisation de la soi-disant culture de l’égoïsme et de son langage visuel – rempli de hashtags, d’autocollants et d’émojis – pour essayer de transmettre les horreurs de l’Holocauste, qui a coûté la vie à six millions de Juifs.
En ligne, certains Israéliens ont accusé les Kochavis de banaliser et de déprécier l’Holocauste, qualifiant la version Instagram d’insulte à l’intelligence des jeunes d’aujourd’hui.
Mais Yad Vashem a estimé que l’utilisation des médias sociaux pour commémorer l’Holocauste est à la fois légitime et efficace et a mis en ligne une exposition intitulée « Dernières lettres de l’Holocauste : 1944 », une sélection des dernières correspondances des victimes de l’Holocauste avec leurs familles et amis.
Jeudi matin, lorsque les sirènes hurleront à travers Israël, paralysant le pays dans un moment de souvenir collectif et de deuil, l’histoire de l’Instagram d’Eva prendra fin
Source : New York Times & Israël Valley
 

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