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Un article de Florent DELLA VALLE, Adjoint au chef du service économique, ambassade de France en Israël.

Paru dans : Magazine N°728 Octobre 2017 – Israël : Les X et la Start-up Nation.

En matière de grands contrats, les principales opportunités pour la France en Israël se situent dans le domaine des transports en commun, appelés à se développer fortement dans les prochaines décennies tant Israël est en retard dans ce domaine. Beaucoup de groupes français sont déjà présents dans ce secteur (Alstom, SNCF, Thales, Systra, Egis, etc.).

La compétitivité de l’offre française à l’international ne peut reposer entièrement sur l’innovation produite au sein de nos frontières ; être présent là où l’innovation se fait est indispensable et Israël est l’un de ces lieux.
C’est pourquoi l’équipe de l’ambassade est relativement plus étoffée que dans un pays équivalent en population ou en PIB. Ainsi, le service économique coordonne l’action d’un « expert technique international » d’Expertise France, d’un représentant de Bpifrance, d’un VI (volontaire international) de l’INPI et s’appuie également au besoin sur les référents sectoriels de Business France et sur l’attaché de coordination scientifique et universitaire.
Cette dimension n’est pas non plus étrangère à la création, il y a cinq ans, du poste que j’occupe ni au choix de mon prédécesseur (Lionel Corre, 2000).
La démarche de se rapprocher de l’innovation israélienne appartient aux entreprises et elles sont de plus en plus nombreuses à participer à des événements tels que le DLD Innovation Festival de Tel-Aviv en septembre.
L’ambassade a néanmoins un rôle (pro)actif à jouer, tant pour intéresser continûment les entreprises françaises à l’innovation israélienne que pour les aider à tisser des partenariats technologiques. Parmi les outils mobilisables à cette fin, il existe depuis 1992 un accord bilatéral de soutien aux projets de R & D, le FIRAD, ainsi qu’un programme d’échange de start-up baptisé French Tech tour.
Notre équipe a pour mission de cerner avec le plus de précisions possible les domaines où l’innovation israélienne est réellement en pointe et où la complémentarité avec les savoir-faire français est la plus grande.
C’est en effet sur ceux-là qu’il convient de concentrer notre effort en matière de partenariats. La mobilité intelligente est un exemple et ce n’est pas par hasard si Renault, par exemple, a ouvert récemment un laboratoire d’innovation à Tel-Aviv.
Enfin, Tel-Aviv se devait de faire partie des lieux où se sont constitués, sous la bannière de la French Tech et grâce au travail de mon prédécesseur, les réseaux d’innovateurs français désignés comme French Tech Hub.
Et c’était d’autant plus pertinent en Israël que les réseaux humains sont la clef de la densité et du dynamisme de l’écosystème local. Ce réseau doit être un pont entre les deux pays, tant pour attirer les entrepreneurs israéliens en France que pour faciliter l’atterrissage d’entrepreneurs français dans la Silicon Wadi.
Il démultiplie ainsi la portée des outils publics que l’ambassade met en œuvre (partenariats, promotion de l’attractivité, etc.) dans un domaine où la coopération institutionnelle n’est pas toujours le levier le plus efficace.

UNE TERRE DE CONTRASTES

La mission la plus fondamentale mais aussi la plus discrète de l’équipe économique est d’informer la France de la situation économique et financière israélienne. Israël offre à l’analyse un cas très intéressant : c’est un pays de l’OCDE (depuis 2010) dont les caractéristiques sont souvent éloignées de la norme, soit positivement (croissance, taux de chômage, innovation), soit négativement (inégalités, productivité, ouverture).
Il y a d’un côté la Start-up Nation et de l’autre des secteurs traditionnels peu modernisés. Cette dualité se reflète également dans la société, relativement stratifiée, où les classes aisées cosmopolites et parfaitement anglophones côtoient des classes plus modestes (commerçants, artisans, employés, etc.) comparables à celles d’autres pays de la région.
Malgré les nombreux défis auxquels le pays fait face, la période qu’il traverse du point de vue économique est particulièrement prospère. Or les données socio-économiques montrent que le modèle actuel n’est pas durable.
La principale raison est démographique : les populations juives orthodoxes et arabes d’Israël, moins formées et participant peu au marché du travail, pourraient représenter plus de la moitié de la population d’ici quarante ans.
Si les décideurs sont bien conscients de cette difficulté, les mesures de long terme pour y remédier ne sont pas prises. Il s’agit avant tout d’un sujet social et économique, mais dont les répercussions sont évidemment bien plus larges.
Source : http://www.lajauneetlarouge.com/article/le-role-de-lambassade-de-france-en-israel#.WeRaObVpHIU

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