En Israël, Eisenkot apparaît en position de force pour former un gouvernement
Politique.
Dans un message diffusé jeudi soir, le président israélien, Isaac Herzog, a indiqué que le chef du parti centriste Yashar avait reçu le soutien de 67 députés contre 46 pour l’actuel Premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Si Eisenkot bénéficie d’une dynamique favorable, sa capacité à réunir une majorité pour gouverner reste toutefois incertaine, prévient la presse israélienne.
“Difficile d’imaginer comment la journée du jeudi [5 novembre] aurait pu plus mal tourner pour le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, et mieux se passer pour son principal rival, Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar”, résume The Times of Israel.
Après avoir reçu cette semaine les différentes forces politiques du pays pour des consultations, le président israélien, Isaac Herzog, a annoncé dans la soirée que 67 députés de la Knesset lui avaient recommandé de confier au dirigeant centriste la mission de former un gouvernement, tandis que 46 autres élus ont apporté leur soutien à l’actuel Premier ministre israélien et dirigeant du Likoud. Sachant qu’il faut au moins 61 députés pour avoir la majorité au Parlement. “J’ai l’intention de charger un membre de la Knesset de former un gouvernement ce dimanche”, a précisé Herzog.
Les chiffres annoncés par le président israélien “renforcent les chances [d’Eisenkot] de se voir confier” cette mission, estime Haaretz. S’il était désigné, le centriste aurait vingt-huit jours pour tenter de former un gouvernement, une durée qui peut être prolongée de quatorze jours. En cas d’échec, une autre personne sera désignée. Et si l’impasse se confirme, de nouvelles élections seront organisées.
“Fait notable”, souligne le quotidien de gauche israélien, “tous les partis à majorité arabe ont décidé de recommander” le rival de Nétanyahou pour tenter de former un gouvernement. “La Liste unifiée s’est jointe à la formation Raam (Liste arabe unie) de Mansour Abbas pour lui apporter son soutien, expliquant que cette décision visait à remplacer le gouvernement” de l’actuel Premier ministre conservateur.
“Ces recommandations ne signifient toutefois pas qu’ils s’engagent à rejoindre une future coalition” menée par Eisenkot, rappelle The Jerusalem Post.
Le président de la Liste unifiée, Yousef Jabareen, a précisé que son parti n’avait pas réclamé de portefeuilles ministériels, mais qu’il était prêt à soutenir de l’extérieur un gouvernement dirigé par l’ancien militaire, précise Haaretz. De son côté, Abbas a affirmé à Herzog qu’il estimait que “les divergences entre les partis pouvaient être surmontées afin de former un gouvernement stable”.
Eisenkot a aussi reçu le soutien des Démocrates de Yaïr Golan (gauche), d’Israël Beitenou (droite nationaliste laïque), de Beyachad (coalition du centre et de la droite) et de son propre parti, Yashar.
À l’inverse, Nétanyahou a perdu le soutien du parti du Judaïsme unifié de la Torah, une formation ultraorthodoxe qui l’appuyait depuis trois décennies, ses sept députés ayant décidé de ne soutenir aucun des deux blocs, précise Haaretz. Un désaveu pour le Likoud, qui s’explique par des tensions autour de l’épineuse question de la conscription des étudiants religieux, à laquelle s’opposent les partis ultraorthodoxes.
Le risque d’une “impasse politique” toujours très présent
Si “Eisenkot bénéficie désormais d’une dynamique favorable” pour être désigné par Herzog, encore faut-il qu’il parvienne à réunir une majorité pour gouverner, met en garde le Times of Israel. Or “les parlementaires réellement disposés à gouverner ensemble sont bien moins nombreux et restent très loin de constituer une majorité”, nuance le site d’information israélien.
Pour le Times of Israel, “les événements de jeudi n’ont guère changé la donne : le pays semble toujours se diriger vers une impasse politique, et rien ne permet de savoir si Eisenkot parviendra à sortir de cette situation”.
Isaac Herzog a d’ailleurs précisé jeudi soir qu’il comptait rencontrer en privé plusieurs chefs de partis au cours du week-end, afin de “ne négliger aucune piste pour parvenir à former un gouvernement solide et stable au service du peuple israélien”.
“Les résultats des consultations peuvent sembler sans ambiguïté”, a insisté le président israélien, “mais la loi me confie la responsabilité de déterminer qui est en mesure de former un gouvernement. Or la situation n’est pas aussi claire, compte tenu des vetos réciproques entre les différents blocs et au sein même de ces blocs. Je vais tenter d’y voir clair rapidement, en m’entretenant directement et individuellement avec certains chefs de partis”, a-t-il expliqué.
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