Trump met un coup d’arrêt aux sanctions contre la Russie, au grand désarroi de l’Ukraine
Le président américain a signé vendredi 16 octobre un décret stoppant des sanctions contre Moscou et ses partenaires commerciaux “au nom de la sécurité nationale”. Pour la presse ukrainienne et américaine, cette mesure montre à quel point les relations entre Kiev et Washington se sont dégradées.
“Cette fois, la rupture semble bien réelle”, commente The New York Times. Les relations entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky n’ont jamais été complètement au beau fixe, en raison “des affinités” du locataire de la Maison-Blanche pour Vladimir Poutine. Mais jusqu’à présent, les Ukrainiens avaient toujours réussi à préserver “une certaine forme de soutien américain dans leur lutte contre la Russie”. Ce temps semble désormais révolu.
“À l’approche d’élections de mi-mandat considérées comme la mesure de la popularité de M. Trump, la relation [entre le président américain et son homologue ukrainien] semble proche du point de rupture”, analyse le quotidien new-yorkais. Après avoir temporairement mis à l’arrêt les sanctions américaines sur le diesel russe, le président américain a signé vendredi 16 octobre un décret stoppant d’autres sanctions contre Moscou, promulguées le mois dernier. Dans un second article, le journal de gauche explique :
“La législation, pensée pour réduire les sources de financements de la guerre russe en Ukraine, aurait aussi dû permettre à M. Trump de mettre en place de nouveau droits de douane, pour punir les pays qui continuent à commercer avec Moscou.
“Cajoler Moscou”
La décision du dirigeant américain s’inscrit, selon The Kyiv Independant, dans un contexte de “tensions croissantes” entre Kiev et Washington. “Le 10 octobre, M. Trump avait violemment tancé M. Zelensky, exigé que ce dernier arrête d’attaquer les raffineries russes et appelé le peuple ukrainien à changer de chef s’ils souhaitaient voir la fin de la guerre.”
Le locataire de la Maison-Blanche accusait notamment Volodymyr Zelensky d’avoir exacerbé les problèmes d’approvisionnement en diesel que rencontrent les États-Unis. Et ce, commente le titre ukrainien, “alors que tout pointe vers une responsabilité des États-Unis et de leur guerre contre l’Iran, dans la pénurie actuelle”.
Les annonces du 16 octobre illustrent le revirement du républicain, confirme The Wall Street Journal. Donald Trump entend désormais mettre fin à la guerre qu’il avait initialement promis d’arrêter en 24 heures, “en cajolant Moscou”. Le journal conservateur précise néanmoins que les sanctions américaines prévues contre les autorités, les oligarques et les institutions russes n’ont été que “suspendues” le 16 octobre. “Ce qui signifie que Donald Trump pourrait décider de les mettre en œuvre à une date ultérieure.”
Laisser un commentaire