Pour les signataires, ces déclarations sous-estiment la dépendance de l’économie israélienne aux échanges internationaux et au système financier mondial. Ils accusent le Premier ministre de ne pas mesurer les conséquences que pourrait entraîner une dégradation durable des relations économiques d’Israël avec ses principaux partenaires.
Selon eux, un isolement bancaire pourrait provoquer une baisse des investissements étrangers, fragiliser le secteur de la high-tech, peser sur l’emploi et réduire les ressources disponibles pour financer les besoins de défense du pays.
Les économistes insistent également sur les conséquences très concrètes qu’un tel scénario pourrait avoir pour les particuliers. Des restrictions sur les relations entre banques israéliennes et étrangères pourraient notamment compliquer les paiements par carte à l’étranger, les achats sur des plateformes internationales ou encore les transferts d’argent des travailleurs étrangers vers leurs familles.
Le système de santé pourrait lui aussi être affecté, notamment pour l’achat de médicaments et d’équipements médicaux importés.
Les auteurs de la lettre comparent les risques d’un isolement prolongé à ceux rencontrés par des économies soumises à de lourdes sanctions internationales, comme l’Iran ou la Russie. Ils précisent toutefois qu’il s’agit d’un scénario d’alerte et non d’une description de sanctions actuellement imposées à Israël.
Parmi les signataires figurent l’économiste israélo-américain Joel Mokyr, lauréat du prix Nobel d’économie, le professeur Aharon Ciechanover, prix Nobel de chimie, ainsi que l’ancien gouverneur de la Banque d’Israël Jacob Frenkel. Plusieurs figures de la high-tech israélienne ont également signé le texte, parmi lesquelles Marius Nacht, cofondateur de Check Point, Alon Cohen, cofondateur de CyberArk, Dov Moran et Gigi Levy-Weiss.
Pour les signataires, les cryptomonnaies ne constituent pas une solution crédible permettant à une économie développée comme celle d’Israël de fonctionner durablement en marge du système financier international. Leur appel rejoint les réserves exprimées par la Banque d’Israël, qui avait elle aussi souligné l’importance de préserver les relations économiques du pays avec ses principaux partenaires.
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