Shefi Paz, militante associative qui a mené le combat des habitants du sud de Tel Aviv contre l’immigration africaine clandestine, est décédée cette nuit (dimanche à lundi). Elle avait 74 ans. Elle sera inhumée ce soir à 19 h 30 au cimetière du Yarkon.
Née de parents rescapés de la Shoah, Shefi Paz avait émigré de Pologne en Israël dans son enfance. Sa profession était traductrice et réviseuse linguistique. Elle a consacré de longues années au combat pour l’avenir des quartiers du sud de la ville, gangrénés par la violence et l’insécurité.
Son engagement public l’a menée à des affrontements avec les autorités de l’État, des organisations de défense des droits humains et le système judiciaire, et elle est devenue une figure familière du débat public israélien.
Paz était une personnalité au parcours original. Ancienne militante du parti d’extrême-gauche Meretz pendant des décennies, elle est devenue, depuis 2012, l’une des dirigeantes du mouvement contre l’immigration illégale et la concentration de migrants dans les vieux quartiers du sud de Tel Aviv.
Par ailleurs, elle a aussi été une militante de la cause LGBT, ne cachant pas son homosexualité.
Son action contre l’immigration clandestine, facteur d’insécurité pour les habitants du sud de Tel Aviv, l’a amenée à engager diverses actions dont certaines lui ont valu des mises en examen et même une peine d’emprisonnement. À 72 ans, elle avait été condamnée à 45 jours de prison pour troubles à l’ordre public, intrusion et dégradation de biens, dans le cadre de plusieurs actions de protestation illégales, dont des tags sur le bureau de l’Union européenne.
Shefi Paz a été soutenue dans son combat par plusieurs hommes et femmes politiques à droite de l’échiquier politique et elle était proche d’Itshak Wasserlauf, ministre actuel et membre du parti Otzma Yehudit, qui a vécu pendant plusieurs années dans les quartiers sud de Tel Aviv.
Le Premier ministre, Binyamin Netanyahou, lui a rendu hommage: « Avec de nombreux Israéliens, mon épouse et moi-même pleurons le décès de Shefi Paz, une formidable militante sociale qui s’est battue pour les habitants du sud de Tel-Aviv. Elle a été poursuivie avec acharnement pour son engagement et, malgré tout, elle n’a jamais baissé la tête. Que sa mémoire soit bénie. »
La directrice adjointe de l’association Otef Takhana Merkazit, Amalia Ozer, et son porte-parole Yaakov Sela ont déclaré : « Nous avons perdu une dirigeante courageuse, une amie chère, une femme devenue le symbole de la détermination, du dévouement et de l’amour du pays. Shefi était une combattante courageuse, une femme de vérité, qui n’a pas craint de se dresser face aux plus puissants centres de pouvoir de l’État et de faire entendre la voix de ceux qui sentaient la leur étouffée depuis des années. »
Ils ont ajouté : « Shefi a consacré sa vie aux habitants du sud de Tel Aviv. Elle était la voix des gens invisibles, de ceux qu’on avait oubliés, et elle a prouvé encore et encore qu’une seule personne, armée de vérité et de foi dans la justesse de sa voie, peut faire trembler un pays entier. Même quand elle a été poursuivie, arrêtée et envoyée en prison, elle est restée debout. Shefi n’est plus, mais son combat n’est pas terminé. Nous nous engageons à poursuivre sa voie, à lutter pour le sud de Tel Aviv et contre l’immigration illégale, jusqu’à atteindre les objectifs auxquels elle a consacré sa vie. Que sa mémoire soit bénie. »
Laisser un commentaire