« Un singe manipulé par l’élite ashkénaze »: tollé après les propos d’un présentateur pro-Likoud visant Eisenkot.
Le parti Yashar dénonce une attaque révélatrice, selon lui, du mépris d’une partie de l’élite politique et médiatique envers les Juifs originaires des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
« Un singe manipulé par l’élite ashkénaze »: tollé après les propos d’un présentateur pro-Likoud
« C’est un singe. Êtes-vous impressionné par le fait qu’il soit mizrahi ? », a lancé Magal au cours de l’émission, en référence aux Juifs originaires des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Il a poursuivi en affirmant que des membres de l’élite ashkénaze utilisaient Eisenkot pour servir leurs intérêts.
Le présentateur a notamment mis en cause Ronen Manelis, directeur de campagne du chef de Yashar, qu’il a accusé de contrôler le candidat et de lui dicter ses positions. Il a également dénoncé une mise en scène politique visant, selon lui, à présenter Eisenkot comme un dirigeant issu du monde séfarade susceptible de devenir Premier ministre.
Eisenkot dénonce une attaque « de bas niveau ».
Gadi Eisenkot a vivement réagi aux propos du présentateur. « Yinon Magal a dit que j’étais un singe contrôlé par les Ashkénazes. Je n’ai donc rien à répondre à une déclaration d’un niveau aussi bas », a-t-il déclaré. Il a ensuite laissé entendre que Magal n’agissait pas seul : « Le problème n’est pas Yinon Magal, mais l’homme qui se cache derrière lui. »
Le chef de Yashar a également promis de faire évoluer le paysage politique israélien. Il a annoncé vouloir mettre fin à ce qu’il a appelé le « magalisme » et le « barduguisme », en référence à Yinon Magal et à Yaakov Bardugo, autre commentateur proche du camp de Benyamin Netanyahou.
Le parti Yashar a, de son côté, dénoncé une attaque révélatrice, selon lui, du mépris d’une partie de l’élite politique et médiatique envers les Juifs originaires des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Dans un communiqué, il a établi un parallèle avec la polémique provoquée en 1981 par l’humoriste Dudu Topaz, qui avait employé le terme péjoratif de « tcha’h-tcha’him » pour désigner les électeurs mizrahim du Likoud. Le parti estime que les propos de Magal s’inscrivent dans cette histoire de stigmatisation.
Netanyahou condamne les propos
Interrogé ce dimanche à la radio, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a condamné la déclaration du présentateur. « C’est une déclaration tout à fait inappropriée, je la condamne », a-t-il affirmé.
Il a toutefois appelé Eisenkot à dénoncer également les propos visant les électeurs du Likoud. « Je serais heureux que Gadi Eisenkot condamne toutes les déclarations de Gali Albin et d’autres personnes qui comparent les membres du Likoud à des chimpanzés et à des babouins. C’est inapproprié et inadmissible », a déclaré le chef du gouvernement.
Netanyahou a ensuite affirmé que les insultes visant les sympathisants de son parti ne constituaient pas un incident isolé. « J’aimerais que ce soit un phénomène ponctuel, mais c’est quotidien et presque entièrement dirigé contre les électeurs du Likoud », a-t-il soutenu.
La réaction du Premier ministre intervient alors que la campagne électorale est marquée par des échanges de plus en plus virulents entre les camps politiques. La polémique a également suscité des critiques au sein de l’opposition. Le chef de Yesh Atid, Yaïr Lapid, a notamment dénoncé les propos de Yinon Magal.
Yinon Magal affirme avoir été mal compris
Face à l’ampleur des réactions du côté de la classe politique et des médias, beaucoup affirmant que le présentateur avait traité Gadi Eisenkot de « singe marocain », Yinon Magal a publié une vidéo dans la nuit de samedi à dimanche pour expliquer ses propos. Il a assuré ne pas avoir voulu comparer physiquement Eisenkot à un singe, affirmant avoir utilisé une expression issue de l’argot du milieu criminel pour désigner une personne placée au premier plan, mais contrôlée par d’autres en coulisses.
Il a dénoncé ce qu’il considère comme une déformation de ses paroles à des fins politiques. Cette explication n’a toutefois pas mis fin à la controverse, les critiques portant également sur le lien établi pendant l’émission entre l’origine marocaine d’Eisenkot et l’accusation de manipulation par une élite ashkénaze.
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